Rêvons un peu. Imaginons que le week-end prochain, le Servette FC accueille l'Olympique de Marseille. Enjeu de la partie: le maintien en première division française. Qu'une semaine plus tard, Grasshoppers se déplace dans l'antre du Bayern de Munich qui doit assurer son titre de champion d'Allemagne. Imaginons l'effervescence engendrée par ces deux rendez-vous: les «jingle» d'annonce qui se multiplient sur les radios, les discussions de bureau qui s'échauffent.

Utopie, dites-vous? Peut-être. Mais un peu moins qu'il y a quelques années. Aujourd'hui, la Ligue nationale ne refuse plus le fait que des équipes suisses participent à des championnats supranationaux. Alors pourquoi ne pas remettre sur le tapis l'idée qui avait germé à GC, Bâle, Servette ou Lugano? Chacun de leur côté, les dirigeants de ces clubs avaient envisagé une participation aux championnats des pays voisins.

En matière de droits TV et de sponsoring, les vaches à lait du football, l'option serait à coup sûr gagnante. Mais peut-être qu'elle le serait également en matière de formation et de débouchés pour les jeunes joueurs. Ces «têtes de pont» pourraient offrir un terrain de jeu de haut niveau aux meilleurs joueurs suisses sans qu'ils doivent absolument s'exiler. Quant aux adeptes des derbys régionaux, ils ne seraient pas prétérités. Car rien n'empêcherait la tenue d'un championnat suisse de LNA en parallèle.

Reste la barrière juridique. Sûrement la plus difficile à franchir. Toutefois, à l'heure où le football européen est chamboulé par les batailles d'avocats, renoncer sans essayer n'est pas défendable. L'enjeu en vaut la chandelle.