Dorénavant, des athlètes non dopés pourront être exclus des Jeux, et leurs éventuelles médailles retirées. Cet amendement à la Charte olympique peut paraître singulier. Livrée par le président du CIO, Jacques Rogge, l'explication devient limpide: «La commission exécutive s'est donné la possibilité de sanctionner des sportifs pour conduite inappropriée. Supposez qu'un compétiteur ne se fasse pas pincer pour dopage, mais qu'on le surprenne en train de vendre des stéroïdes ou de l'EPO à d'autres. Eh bien, cet homme-là sera puni de la même manière qu'un tricheur.» Pourquoi pas?

Seconde innovation apportée par le «gouvernement» olympique, née des cas des fondeurs Lazutina et Mühlegg: si un athlète remporte trois médailles et n'est pris qu'une seule fois en flagrant délit de «dope», le CIO se réserve le droit de lui enlever non pas une, mais ses trois médailles, «pour des questions morales et éthiques».

Ainsi s'est achevée, sur une note de sévérité, la réunion de l'exécutif olympien, prélude à la session plénière qui, notamment, élira mercredi la ville hôte des XXIes JO d'hiver de l'an 2010. Sévérité, aussi, dans les relations entre l'instance faîtière et le puissant USOC (Comité olympique américain). Depuis la Conférence mondiale sur le dopage de Copenhague, en mars, on sait que la friture règne entre le mouvement olympique et l'USOC. En particulier parce que les dirigeants de ce dernier, pour la plupart représentants des milieux privés, se moquent que «leurs» athlètes d'élite respectent ou non les règles du Code antidopage. Sans parler de la polémique qui ressurgit à propos des Jeux de Séoul 1988 et du demi-dieu Carl Lewis.

Des négociations sont actuellement en cours afin de modifier la composition de l'USOC, au profit d'une majorité issue des milieux sportifs, politiques et des fédérations internationales. Dessein sous-jacent: ces gens-là se montreront plus soucieux de la santé des athlètes et du respect des règlements mondiaux en matière de lutte contre le dopage.

Et puis, le président a évoqué les cités candidates aux Jeux et leurs campagnes de lobbying. On aura compris que Pyeongchang a beau se décrire comme le trait d'union de paix entre les deux Corées, «la qualité des dossiers primera sur tout le reste» lors du vote. Quant à celles qui font venir des vedettes pour appuyer leur présentation finale, Jacques Rogge a dit: «Le CIO n'a jamais cru à l'impact de ces célébrités soutenant une ville sans participer aux Jeux.» Dommage pour Salzbourg 2010 qui, sur sa liste de «guest stars», a placé un certain Franz Beckenbauer…