Automobilisme

La compétition au service de la mobilité «zéro émission»

La recherche en matière de voitures 100% électriques est au cœur du championnat de Formule E, dont la saison 2 débute ce week-end à Pékin. Le Vaudois Sébastien Buemi y fait figure de favori

Cette année, le 24 octobre ne coïncidera pas seulement avec le 44e anniversaire de la disparition de Jo Siffert, l’un des meilleurs pilotes de F1 suisses de l’histoire. C’est aussi à cette date que sera donné le coup d’envoi, à Pékin, de la deuxième saison du championnat FIA de Formule E. Cette compétition, disputée avec des monoplaces 100% électriques, utilise le sport automobile pour faire progresser la technologie «zéro émission». Cette tendance sera encore plus importante cette année: fini la motorisation unique, les dix écuries ont pu développer leur propre groupe motopropulseur.

«Cela permettra à Renault d’améliorer les performances de ses moteurs électriques et l’autonomie des batteries», se réjouit le Nyonnais d’adoption Alain Prost, copropriétaire avec Jean-Paul Driot de l’écurie Renault E-DAMS. En juin, elle a remporté le titre par équipes et a permis au Vaudois Sébastien Buemi de terminer vice-champion, à seulement un point du vainqueur Nelson Piquet Junior.

Le souci du développement durable

Tout comme Citroën (par le biais de sa marque DS, associée à l’équipe Virgin de Sir Richard Branson), Audi (via l’écurie allemande ABT) et Venturi, Renault a la ferme intention de mettre à profit les enseignements de la Formule E dans ses véhicules électriques de série de la gamme Z. E. (pour zéro émission). Sa star, la ZOE, a déjà été vendue à plus de 30 000 exemplaires depuis 2013.

«Le lien entre la mobilité de tous les jours et la compétition s’avère plus que jamais très important, relève Jean Todt, le président de la Fédération internationale de l’automobile (FIA). La Formule E doit favoriser la recherche, tout en accentuant l’intérêt du public pour une mobilité soucieuse du développement durable. Le monde change, nous devons faire face.»

Uniquement des circuits urbains

Comme l’immense majorité des véhicules électriques évoluent en ville, les courses de Formule E se déroulent uniquement sur des circuits urbains. Débutant fin octobre à Pékin pour se terminer le 3 juillet à Londres, son calendrier est complémentaire de celui du championnat du monde d’Endurance. Il permet ainsi à plusieurs pilotes de mener de front les deux séries. C’est le cas de Sébastien Buemi et de son coéquipier Nicolas Prost, qui défendent respectivement les couleurs de Toyota et de Rebellion en Endurance, mais également de Loïc Duval, vainqueur des 24 Heures du Mans en 2013, et de Lucas di Grassi, tous deux chez Audi.

Avec Sébastien Buemi (Aigle), Nicolas Prost (Féchy) et Loïc Duval (Nyon), le canton de Vaud était déjà très bien représenté en Formule E la saison passée. Cette année, il pourra même compter sur deux pilotes supplémentaires avec Simona de Silvestro (Mont-sur-Rolle) et Jacques Villeneuve (Villars-sur-Ollon). Si la Vaudoise avait déjà pris part aux deux dernières courses de la première saison, le fils du regretté Gilles Villeneuve effectue à 44 ans ses grands débuts dans cette compétition. Il s’agit du premier champion du monde de F1 à courir au volant d’une monoplace 100% électrique.

Le grand retour de Jacques Villeneuve

«Chaque fois que je rencontrais des pilotes de Formule E, ils me disaient que ce championnat était vraiment très bien, explique Jacques Villeneuve, nouvelle recrue de Venturi. Après les essais préliminaires de cet été, j’ai trouvé une excellente monoplace et une superbe ambiance de travail. C’est la première fois depuis longtemps que je vais disputer un championnat dans son intégralité.»

Vainqueur aux 500 Miles d’Indianapolis en 1995, champion du monde de F1 en 1997, deuxième des 24 Heures du Mans en 2008, Jacques Villeneuve jouera-t-il les premiers rôles lors de la saison 2 de Formule E? Les derniers essais préliminaires du 25 août incitent à la prudence. Il n’y a signé que le dixième temps en 1’31’’895, contre 1’30’’513 pour Nicolas Prost, auteur du meilleur chrono devant Sébastien Buemi (1’30’’801). Après quatre victoires la saison passée, les deux pilotes de l’écurie Renault E-DAMS devraient à nouveau jouer les premiers rôles. Surtout Buemi: avec trois victoires, trois pole-positions, deux podiums et un meilleur tour en course, le pilote d’Aigle avait été l’homme fort de la saison inaugurale.


«Un E-Prix à Lugano? C’est oui à 90%»

La Suisse a, dès le départ, joué un rôle considérable en Formule E. Deux des principaux sponsors sont les montres TAG-Heuer et la banque Julius Bär. Trois de ses vingt pilotes possèdent le passeport rouge à croix blanche avec Sébastien Buemi, Simona de Silverstro et Nicolas Prost (depuis 2013). Une des dix équipes est même domiciliée en Suisse, le Trulli Formula E Team du Luganais d’adoption Jarno Trulli. C’est lui qui a convaincu Marco Borradori, le président de Lugano, d’organiser un E-Prix en mai prochain, entre les épreuves de Paris (23 avril) et de Berlin (21 mai). Selon Fathi Derder, vice-président de l’association «Swiss E-Prix Lugano», les probabilités que la candidature tessinoise soit retenue sont de 90%. Auto Sport Suisse, l’autorité du sport automobile national, livre le même pronostic. Quant à Roberto Mazza, directeur du département des sports à la commune de Lugano, il estime prudemment les chances «supérieures à 50%». Une réunion du comité d’organisation aura lieu le 28 octobre et la décision de la FIA devrait tomber dans le courant du mois de novembre.

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