Philippe Piat est furieux. Le vice-président de la FIFPro (le syndicat international des joueurs professionnels) n'a pas digéré la façon dont s'est déroulée la réunion sur la réforme des transferts entre les membres de la famille du football, mardi à Zurich.

«On nous prend pour des chèvres!», s'est énervé le Français. «Les représentants des clubs (le G14, groupement de 14 grands clubs européens) ont débarqué à Zurich sans connaître le dossier et avec des exigences démesurées.»

De fait, un document rédigé par les autorités de la Fédération internationale (FIFA) et de l'Union européenne de football (UEFA) devait servir de base, avec l'accord de la FIFPro, aux négociations de Zurich: il a d'emblée été rejeté par Karl-Heinz Rummenigge, représentant du G14. Mardi, la réunion a duré plus de huit heures et a abouti à un échec. Le consensus sur la durée des contrats et les conséquences en cas de rupture paraît impossible.

Il s'agit pourtant là du véritable enjeu de la réforme du système des transferts ordonnée par la Commission européenne. Les clubs exigent que les joueurs respectent leur contrat pendant trois ans au moins. Les joueurs revendiquent plus de liberté. La FIFPro accepte l'idée que les premier et deuxième contrats signés par un joueur ne puissent être cassés avant trois ans. Mais le syndicat exige qu'ensuite les contrats puissent être rompus après deux années seulement.

C'est sans doute le projet que la FIFPro soumettra la semaine prochaine à la Commission européenne à Bruxelles. Car si le G14 a demandé une nouvelle réunion avec la FIFPro lundi prochain à Zurich, les représentants des joueurs se réservent le droit de ne pas y participer. Dans la négative, le monde du football se présenterait désuni le 16 février devant la Commission qui devra alors trancher entre les différents projets avancés par la FIFA, l'UEFA, le G14 et la FIFPro.

LT