Le 16 juillet dernier, l'exégèse du jugement du Tribunal arbitral de l'Association suisse de football permettait de penser que le FC Sion serait autorisé à participer à la Challenge League (ex-LNB) pour la saison 2003/2004. Le Tribunal arbitral cassait en effet la décision de la Ligue suisse qui refusait d'accorder une licence au club valaisan. Or l'autorité de recours de cette même ligue a confirmé hier cette première décision: Sion n'a toujours pas de document lui permettant de prendre part à la Challenge League.

«Le règlement dit que c'est au club de nous persuader qu'il a les moyens financiers de disputer la compétition de la saison à venir, précise Eugen Mätzler, président de l'autorité de recours pour les licences. Les arguments du FC Sion ne nous ont pas convaincus.» Selon le communiqué diffusé hier, «l'autorité de recours est d'avis que la situation financière du FC Sion reste peu claire et que l'on doit envisager qu'il y a un surendettement déterminant».

«La direction du FC Sion nous a soumis trois budgets. Le premier de 2,9 millions de francs, le deuxième de 2,3 millions et le dernier de 1,6 million, détaille Eugen Mätzler. Il a été difficile de se faire une image précise puisque les garanties bancaires ou les consignations que nous demandions ne nous ont pas été présentées.» S'il constate que des paiements ont bien été effectués – «ce qui prouvait que la situation n'était pas aussi claire que ce qui nous avait été promis en première audition», glisse-t-il –, le président de l'autorité de recours aurait voulu voir un bilan consolidé des trois entités qui forment aujourd'hui le FC Sion (Olympique des Alpes SA et deux associations) ainsi qu'un bilan révisé par un organe qualifié.

Autorité récusée

«Ce sont des mots pour rien, rétorque Christian Constantin, président du FC Sion. Une entité aussi modeste que la nôtre, avec 25 employés et une comptabilité sur neuf mois, n'a pas besoin de bilan consolidé. Nous ne sommes pas une multinationale!» L'architecte de Martigny martèle son argument principal: toutes les factures ont été payées au 30 juin. Une seule poursuite est en cours, pour laquelle un montant aurait été consigné.

Les comptes, insiste-t-il, ont été vérifiés conformes à trois reprises par des fiduciaires. «Que nous ayons présenté des budgets à la baisse est le résultat de la non- attribution de la licence, continue-t-il. On monte une équipe en s'adaptant aux perspectives sportives. Eugen Mätzler est de mauvaise foi sur ce point.»

La suite, Christian Constantin l'envisage en deux parties. Premièrement, il a déposé il y a une semaine une demande de récusation de l'autorité de recours, qui a été rejetée. Il attend une décision d'un juge étatique sur ce point. Si elle était acceptée, le nouveau refus de l'autorité de recours pourrait être annulé et la procédure pourrait recommencer. Dans le cas contraire, après publication des considérants de l'autorité de recours, il se dirigera une nouvelle fois vers le Tribunal arbitral. En suspens, il laisse entrevoir une éventuelle action civile de dommages et intérêts en faisant saisir une somme sur les droits TV de la Ligue suisse: «Soit le FC Sion rejoint la Challenge League, soit il doit cesser ses activités, vu qu'il a des joueurs professionnels sous contrat et que cela est interdit dans les ligues inférieures.»

Sur le fait qu'il semble être allé contre l'avis du Tribunal arbitral, Eugen Mätzler conclut: «Cette instance soulignait qu'il y a eu faute de procédure. Elle a été réparée. Nous avons donné une deuxième chance au FC Sion.»