En sursis malgré le sursis: en résumé, la situation actuelle du Lausanne-Sports. Comme nous l'annoncions hier, le club de la Pontaise – au bénéfice d'un sursis concordataire – a repoussé le spectre de la faillite de quelques semaines. Une «institution non bancaire souhaitant garder l'anonymat» a en effet versé une somme de 700 000 francs, qui va permettre au club de faire face à ses obligations ces trois prochains mois. Mais rien n'est gagné pour autant. Face à la presse, réunie mardi matin au Stade olympique, la mine sombre du président valait tous les discours du monde. «Nous nous accordons une semaine pour évaluer nos chances de franchir le mur du sursis concordataire, confiait-il. Si nous constatons alors que nous allons droit dans le mur, nous renoncerons. Inutile de dilapider inutilement l'argent mis à notre disposition ces derniers jours.» En d'autres termes, si les discussions avec les différents créanciers devaient s'enliser, le pâtissier urbigène abandonnerait ses démarches, avec pour conséquence directe la disparition rapide du LS.

Au cœur des préoccupations de Philippe Guignard, la dette du Lausanne-Sports, qui s'élève à 4,5 millions de francs environ. «Certains créanciers sont prêts à abandonner 80% de leurs prétentions», souligne-t-il. D'autres, en revanche, rechignent à accepter cette proposition. «Dans la situation actuelle, il vaut mieux récupérer 10, 15 ou 20% de dividende que rien du tout», avance le dirigeant.

Si des arrangements devaient finalement être trouvés avec les créanciers, reste la somme – on parle de plus de 2 millions de francs – que le club doit à la Confédération (AVS, LPP, TVA, impôt à la source). Encadré par des spécialistes, Philippe Guignard tente d'obtenir un abandon partiel des montants dus à l'AVS et à la LPP (premier et deuxième pilier). Car si le quota prélevé par le Lausanne-Sports sur le salaire des joueurs n'est pas négociable, le quota à la charge du club est, lui, susceptible d'être débattu. Ces tractations s'annoncent toutefois difficiles, les autorités fédérales et les caisses de pension n'appréciant guère une telle démarche.