Dopage

La corruption, «partie intégrante» de la fédération internationale d’athlétisme

La présentation de la seconde partie du rapport de l’Agence mondiale antidopage sur la tricherie dans l’athlétisme apporte peu de révélations

Par quelques formules qui font le bonheur des médias et le désespoir de ses conseillers en communication, Dick Pound avait fait de la conférence de presse de la commission d’enquête de l’Agence mondiale antidopage (AMA), jeudi à Munich, un événement très attendu. Il allait y être question de dopage organisé et de corruption généralisée. La première fois, le 9 novembre à Genève, c’est l’athlétisme russe qui était visé. Cette fois, ce devait être au tour du Kenya. «Il est clair qu’il y un problème au Kenya, avait lâché quelques jours plus tôt Dick Pound, tout en s’attaquant à la Fédération internationale d’athlétisme (IAAF) dans des termes particulièrement virulents. «Il faut voir comment certaines de ces ordures ont agi, […] rarement j’ai vu des présidents de fédération sportive aussi impliqués dans la corruption. […] C’est pire qu’à la FIFA!»

«L’effet waouh» promis par Dick Pound a fait «pschitt». Hier, la conférence de presse de l’AMA a révélé ce que l’on savait déjà: l’IAAF était gangrénée par la corruption du clan Diack. Evidemment, c’est toujours mieux quand c’est un rapport officiel qui l’affirme. La corruption était donc «partie intégrante» de la Fédération internationale d’athlétisme, dont les dirigeants «ne pouvaient ignorer l’ampleur du dopage». Le rapport souligne que cette corruption «ne peut être attribuée seulement à quelques brebis galeuses agissant de façon isolée». «Lorsque le président de l’IAAF, son conseiller personnel, deux de ses fils en position de responsabilité, le directeur du département médical et antidopage et le secrétaire général adjoint sont tous impliqués dans des agissements douteux ou criminels, c’est la réputation de l’IAAF tout entière qui est mise en doute.»

Le rapport estime également que l’IAAF «n’a pas été assez ferme avec un certain nombre de pays, dont la Russie». Et quels autres pays? Dick Pound ne donnera aucun nom. À part celui du Kenya, pour répéter qu’effectivement, «il y a un problème au Kenya». Sans plus de précision que la veille. Pas de problème en revanche avec Sebastian Coe, le nouveau président de l’IAAF, vice-président de Diack pendant huit ans. «L’IAAF doit retrouver sa réputation sous la houlette de quelqu’un de ferme. Je n’imagine personne qui pourrait le faire mieux que Lord Coe», a affirmé Dick Pound.

L’AMA n’a finalement rien à reprocher non plus à l’IAAF en ce qui concerne les 12 000 échantillons sanguins prélevés entre 2001 et 2012 sur 5000 athlètes. La chaîne allemande ARD et l’hebdomadaire anglais The Sunday Times avaient fait dire en août dernier à deux experts de la lutte antidopage que ces échantillons jetaient le doute sur 146 médaillés des récents JO et Championnats du monde. «Il n’aurait pas été légalement possible de sanctionner le moindre athlète sur la base de cette banque de données», rétorque le rapport de la commission d’enquête.

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