En 2016, c’était Val d'Isère. Coup sur coup, Lara Gut avait remporté le combiné puis la descente du Critérium de la première neige et cela avait définitivement lancé sa saison; trois mois plus tard la Tessinoise remportait la Coupe du monde. Cet hiver, c’est à Cortina d'Ampezzo qu’elle aurait pu s’offrir un week-end de référence. Mais au lieu d’un triomphe absolu, les Dolomites italiennes lui réservaient un tour de montagnes russes.

D’abord, ça monte. Depuis le début de sa carrière en Coupe du monde, Lara Gut avait remporté six descentes avant ce week-end, mais toujours celle de la mythique piste de l’Olimpia lui avait refusé la victoire lors de ses neuf premières tentatives. La dixième aura été la bonne. Pourtant, la Suissesse n’avait pas signé le meilleur départ possible: à l’entame du dernier tiers du parcours, elle accusait encore un léger retard sur l’Italienne Sofia Goggia, mais elle a finalement passé l’épaule pour cinq petits centièmes de seconde. «A la mi-course, j’ai pris confiance et j’ai réussi à me lâcher», commentera-t-elle à l’arrivée.

Comme Beat Feuz

Et ça monte encore, très haut. Remporter la descente de Cortina d'Ampezzo, c’est non seulement prestigieux, mais aussi utile dans la lutte qu’elle mène face à Mikaela Shiffrin. Samedi soir, Lara Gut ne compte plus que trente points de retard sur l’Américaine au général de la Coupe du monde. Et dimanche l’attend un super G. Elle a remporté les trois premiers de la saison. Elle est favorite, elle le sait, elle l’assume. Jusque sur la piste. Au dernier temps intermédiaire, elle compte 78 centièmes d’avance.

Mais soudainement, ça descend. A quelque vingt secondes de l’arrivée, Lara Gut accroche une porte, part en rotation, chute. Comme Beat Feuz à Kitzbühel une semaine auparavant, elle voit une victoire certaine lui échapper en même temps que le contrôle de ses skis. Mikaela Shiffrin, elle, se surpasse dans une discipline de vitesse où elle n’a pas ses habitudes: elle termine quatrième et reprend de l’avance au général de la Coupe du monde (huitante points).

Pour Lara Gut, le manège est vertigineux, mais finit par s’arrêter, péniblement. Elle gagne l’aire d’arrivée avant de s’y s’écrouler. Blessée? Pas trop gravement: elle ne souffrirait que de douleurs à une main et à une cuisse. Sur Facebook, la Tessinoise rassure: «La glace sera ma meilleure amie ces prochains jours et je vais manquer Stockholm (un slalom parallèle mardi). Mais je serai de retour au bon moment.»