«Les armes vont continuer à parler» dans l’enclave angolaise de Cabinda. C’est ce qu’a déclaré dimanche Rodrigues Mingas, responsable du groupe séparatiste qui a revendiqué l’attaque contre la délégation du Togo à la Coupe d’Afrique des Nations.

«Nous sommes en guerre et tous les coups sont permis», a ajouté le secrétaire général des Forces de Libération de l’Etat du Cabinda-Position militaire, joint par téléphone à Paris, où il est exilé. Il a reproché au président de la Confédération africaine de football, Isaa Hayatou, d’avoir décidé de maintenir sept matches de la Coupe dans l’enclave séparatiste. «Ca va continuer parce que le pays est en guerre.»

En début de week-end, les joueurs de la sélection du Togo ont en effet été pris pour cible d’une fusillade séparatistes alors que leur bus franchissait la frontière entre le Congo-Brazzaville et l’Angola. Bilan provisoire: deux morts et une dizaines de blessés.

Dimanche matin, l’équipe des Eperviers a annoncé qu’elle souhaitait rester en Angola et participer à la CAN. Sur quoi le gouvernement togolais a exigé que les Eperviers rentrent au pays. Un avion officiel togolais a d’ailleurs quitte Lomé dimanche matin pour l’Angola pour ramener les joueurs, a déclaré le premier ministre Gilbert Fossoun Houngbo. Pour l’heure, c’est donc la confusion.

«En mémoire de ses disparus, l’équipe nationale a décidé de participer à la CAN, a déclaré le footballeur togolais Dossevi. On a tous très mal au cœur, ce n’est plus une fête, mais nous avons envie de montrer nos couleurs, nos valeurs et que nous sommes des hommes.»

La fusillade n’est pas le coup de supporters ni de hooligans. Elle a été revendiqué par les Forces de libération de l’Etat du Cabinda (FLEC), un mouvement séparatiste actif depuis 35 ans dans la région. L’équipe du Togo traversait la frontière pour se rendre à Cabinda et y disputer son premier match de la compétition face au Ghana, lundi.

L’Angola tenait à organise des matches dans cette enclave pour démontrer que la zone était désormais pacifiée. Il se pourrait que les indépendantistes aient choisi la CAN pour vitrine de leurs revendications et commettent d’autres actions.

L’attaque aurait eu lieu «dix kilomètres après le passage de la frontière entre le Congo et l’Angola». La fusillade aurait duré une bonne dizaine de minutes. Les auteurs seraient ensuite retournés en République du Congo. Un des gardien de l’équipe du Togo, Kodjovi Obilalé, d’abord donné pour mort a été transféré dans un hôpital de Johannesbourg.