Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
L'équipe de Suisse de Coupe Davis reste dans le groupe mondial.
© Anvar Ilyasov

Coupe Davis

A la Coupe Davis, la Suisse se découvre une relève

Privée de Stan Wawrinka, de Roger Federer et de Marco Chiudinelli, l'équipe de Suisse de Coupe Davis est parvenue à rester dans l'élite grâce aux succès en Ouzbékistan d'Henri Laaksonen en simple lors du premier jour de compétition, de la paire Bossel/Laaksonen dans le double samedi et d'Antoine Bellier au cours du cinquième match décisif

 «Bien sûr qu'on ne peut pas comparer cette victoire avec le trophée face à la France à Lille en 2014, mais je viens de vivre l'une de mes plus belles victoires en Coupe Davis.» Le capitaine de l'équipe de Suisse Severin Lüthi était particulièrement radieux à l'issue d'une rencontre qui a vu ses protégés vaincre l'Ouzbékistan 3-2 en un week-end riche en émotions.

Dimanche, c'est d'abord Henri Laaksonen, promu leader en l'absence des ténors, qui s'est incliné en quatre sets malgré de nombreuses occasions de distancer définitivement le numéro 1 ouzbek Denis Istomin. Et puis est venu le tour d'Antoine Bellier, jeune Genevois de même pas 20 ans, qui, après avoir mené deux sets à zéro, 5-1 et eu quatre balles de match, a laissé revenir son adversaire ouzbek Jurabek Karimov - aucun lien de parenté, semble-t-il, avec le président récemment décédé - dans la partie avant de se ressaisir lors de la quatrième manche et d'apporter le point décisif à la Suisse.

Lire aussi: Dans la peau d'un numéro 1000 mondial

«En tant que capitaine, ma première tâche est d'essayer de convaincre les meilleurs joueurs de venir et la seconde, une fois que je sais qui est vraiment là, est de tirer le maximum de ceux qui jouent», poursuit Severin Lüthi. Malgré quelques frayeurs légitimes au vu de la tournure des événements, le capitaine helvétique peut être content de lui. Cette victoire en Ouzbékistan est le fruit d'un travail de longue haleine. Henri Laaksonen, leader actuel de l'équipe, a connu de grosses difficultés d'intégration lors de ses premières sélections au point d'être exclu une fois pour manque d'investissement à l'entraînement. Il a donc fallu beaucoup de patience pour que ce joueur très discret trouve ses marques au sein de la formation helvétique.

Stratégies opposées

Le Fribourgeois Adrien Bossel, vainqueur en double samedi aux côtés de Laaksonen, avait déjà joué en Coupe Davis lors du premier tour de l'édition 2015 en Belgique, en simple et en double. Cette expérience lui a certainement été très utile lors de la confrontation avec l'Ouzbékistan. Quant au héros du jour, Antoine Bellier, il avait joué son premier match dans la compétition au début de cette année en Italie et, même si c'était une partie sans enjeu, elle lui avait permis de goûter à son ambiance particulière.

En outre, Severin Lüthi a convoqué cet été les futurs sélectionnés, dont l'autre jeune Genevois Johan Nikles, pour leur faire accomplir des entraînements de longue durée, eux qui ne sont pas habitués dans les compétitions qu'ils disputent à jouer au meilleur des cinq manches, et afin de leur faire comprendre qu'ils pourraient être amenés sur le court lors d'un cinquième match décisif dans le format réservé aux tournois du Grand Chelem et à la Coupe Davis.

Lire aussi: Suisse et Ouzbékistan dos à dos en Coupe Davis

Le capitaine ouzbek Petr Lebed a effectué une démarche inverse. Confronté à la méforme de ses deuxième et troisième meilleurs joueurs, il a pris le risque de sélectionner pour l'importantissime match contre Antoine Bellier un jeune joueur de 18 ans qui n'avait jamais encore évolué en Coupe Davis et qui, de plus, n'avait pas joué en compétition de tout l'été pour cause de blessure. Ce pari osé aurait pu réussir. Très nerveux en début de partie, Jurabek Karimov s'est en effet mis à bien jouer une fois que la cause paraissait entendue pour son adversaire et il a profité à merveille de la nervosité de son rival suisse. Finalement, c'est quand même l'expérience légèrement supérieure du jeune Genevois qui a fait la différence.

Une fois le maintien de l'équipe de Suisse de Coupe Davis dans le groupe mondial acquis, on peut se demander si le jeu en vaut vraiment la chandelle pour une jeune formation helvétique qui a certes réalisé un bel exploit en Ouzbékistan mais qui n'était pas confrontée non plus aux meilleurs joueurs de la planète et qui aurait peut-être plus été à sa place dans une catégorie inférieure. Severin Lüthi est absolument clair à ce sujet: «Suivant l'adversaire et le lieu désignés, je ne désespère pas du tout d'aligner nos meilleurs éléments en 2017.»

Tant Stan Wawrinka que Roger Federer et Marco Chiudinelli se sont d'ailleurs manifestés par messages interposés durant le week-end pour témoigner de leur soutien, ce qui démontre qu'ils ne sont pas complètement et définitivement détachés de la course au Saladier d'argent. Le tirage au sort du premier tour de l'édition 2017 de la Coupe Davis est programmé jeudi, et l'on en saura alors un peu plus sur l'avenir de l'équipe de Suisse dans cette compétition.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sport

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Les athlètes suisses reviennent des European Championships de Glasgow/Berlin, qui réunissaient les épreuves de sept fédérations, avec dix-neuf médailles. Retour en images sur les cinq performances les plus marquantes

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Switzerland's Lea Sprunger reacts after winning the women's 400m Hurdles final race during the European Athletics Championships at the Olympic stadium in Berlin on August 10, 2018. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
© JOHN MACDOUGALL