Football

La Coupe du monde 2006 rattrape Urs Linsi

Le Ministère public de la Confédération mène une enquête contre l’ancien secrétaire général de la FIFA

Le poste de secrétaire général de la FIFA est à la gouvernance du football ce que la place du mort est à l’accident de la route: une place particulièrement exposée. Depuis Sepp Blatter (qui est tombé comme président mais qui avait appris le métier à la droite de Joao Havelange), c’est l’hécatombe: après Michel Zen-Ruffinen (licencié en 2002 pour avoir voulu dénoncer la corruption), Jérôme Valcke (suspendu 12 ans en 2016) et Markus Kattner (licencié cet été pour «faute grave»), voici le tour d’Urs Linsi, numéro 2 de la FIFA de 1999 à 2007.

Urs Linsi est visé par une enquête de la justice suisse sur des soupçons d’escroquerie et de blanchiment d’argent autour de l’attribution de la Coupe du monde de football 2006. Mercredi 30 novembre, le Ministère public de la Confédération (MPC) a communiqué que des perquisitions ont été effectuées le 23 novembre «avec le soutien de la Police fédérale dans différents endroits de Suisse alémanique […] en lien avec Urs Linsi».

Ancien du Credit Suisse, éphémère président de Grasshopper, Urs Linsi est depuis 2011 président de la banque coopérative zurichoise Spahrafen. Le communiqué du MPC faisait suite à une note de la lettre d’information financière Inside Paradeplatz révélant que la direction de la banque Spahrafen a informé son personnel le 24 novembre dernier qu’elle «autorisait M. Linsi à se mettre en disponibilité de façon provisoire et à sa demande».

Quatre personnages étaient jusqu’ici citées dans l’enquête ouverte en novembre 2015 à la suite de révélations du magazine Der Spiegel: Franz Beckenbauer, alors président du comité de candidature de l’Allemagne au Mondial 2006, Theo Zwanziger, ex-président de la Fédération allemande (DFB), Wolfgang Niersbach, son successeur (qui a démissionné depuis) et Horst Rudolf Schmidt, ancien vice-président du comité d’organisation de la Coupe du monde 2006.

Urs Linsi est soupçonné d’avoir facilité le versement des pots-de-vin de la candidature allemande réunie autour de l’ancien propriétaire d’Adidas aujourd’hui décédé Robert Louis-Dreyfus. Partenaire historique du football, de la FIFA et de la fédération allemande, l’équipementier sportif avait tout intérêt à ce que la Coupe du monde 2006 soit organisée en Allemagne.

Contactée par l’AFP, la FIFA s’est refusée à «commenter une affaire en cours».

Personnage très discret, Urs Linsi avait réussi à se faire oublier du monde du football. Selon diverses sources, il avait obtenu de la FIFA à son départ en 2007 une somme de 8 millions de francs suisses (7,4 millions d’euros), en guise de parachute doré.

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