«J'avance à 3 nœuds et je fais cap sur Madère. Il n'y a aucun moyen pour l'instant de rejoindre l'Europe. Un immense anticyclone s'est installé entre nous et l'arrivée. Je ne sais pas combien de temps cela va durer.

» A part ça, ça va, il y a du soleil, la mer est belle, je suis bien sur mon bateau et je prends mon mal en patience. Je narre passablement, j'écoute de la musique. Depuis le Pot-au-Noir, je me suis fait une raison. Lorsque la météo est à ce point-là défavorable, tu restes philosophe. On a un beau vainqueur et un beau dauphin. Mais c'est vrai que de vivre l'arrivée des premiers alors que tu sais qu'il te reste encore au moins une semaine de mer, ce n'est pas facile. Même si cela fait déjà un moment que je m'étais fait une raison par rapport au classement. Cela m'a fait drôle lorsqu'un journaliste m'a demandé: «Alors comment cela se passe pour vous maintenant que la course est finie?» Heureusement, nous livrons une belle bagarre avec Thomas Coville, ce qui rend la chose intéressante.

» J'espérais une fin de course avec des conditions plus régulières. Et me dire que nous allons encore passer quelques jours dans la pétole (n.d.l.r.: absence de vent) n'est pas facile moralement.»