Alors que Roland Jourdain et Jean Le Cam devraient logiquement s'emparer des 1re et 2e places dans la catégorie des monocoques de 60 pieds, le Genevois est à la lutte avec Jean-Pierre Dick pour la 3e marche du podium. Le skipper de Temenos II, attendu vendredi après-midi à Pointe-à-Pitre, est en grande forme. Il a bien l'intention de se battre jusqu'au bout, et espère qu'il y aura des coups à jouer au moment du très discuté tour obligatoire de l'île.

Le Temps: Comment se passe ce chassé-croisé avec Jean-Pierre Dick à quelques heures de l'arrivée?

Dominique Wavre: C'est intense. On va voir comment les choses évoluent. Ce sera d'autant plus intéressant que le vent devrait encore fluctuer. Je continue d'apprendre à faire marcher mon bateau correctement. Je l'affine et en tire jour après jour un meilleur potentiel. Par moments, sa vitesse est phénoménale. Cette prise en main progressive est un vrai bonheur. J'aime ce côté pilote d'essai. Je m'amuse comme un petit fou!

- Vous semblez effectivement en pleine forme...

- Je le suis. Et aussi très content de pouvoir terminer cette Route du Rhum sans souci. Je suis venu surtout dans l'idée d'étalonner mon bateau. L'objectif est largement atteint. Si, en plus, je parviens à monter sur le podium, ce sera la cerise sur le gâteau.

- Cet apprentissage est-il très différent de celui de votre précédent voilier?

- Aujourd'hui, les bateaux sont techniquement supérieurs, beaucoup plus pointus. La vitesse ne s'acquiert pas gratuitement. C'est passionnant.

- Roland Jourdain nous a confié qu'il était soulagé d'avoir une avance confortable sur Jean Le Cam, parce que, sinon, il aurait peur de se mettre dans le rouge avec la fatigue. Qu'en est-il pour vous?

- Je peux vous rassurer, je suis encore plein d'énergie et prêt à me battre jusqu'au bout. Je ne lâcherai pas un mètre d'ici à l'arrivée. C'est clair qu'il y a une fatigue de fond après dix jours de course, mais l'excitation me donne des ressources.

- A vous entendre, on a l'impression que vous n'avez pas envie que ça s'arrête...

- Si ça pouvait continuer encore une semaine, ça ne me dérangerait pas. Les conditions sont superbes. Je prends vraiment beaucoup de plaisir.

- Peut-il encore se passer des choses pendant le tant redouté tour de la Guadeloupe?

- Ce sera délicat et peut-être lacustre. Il faudra exploiter les moindres petites variations de vent dans ma bagarre avec Jean-Pierre Dick.

- A quelle heure pensez-vous arriver à Pointe-à-Pitre?

- Pas d'estimation! Mon boulot consiste à faire avancer le bateau. Je ne me préoccupe pas de savoir combien de temps il nous reste.