Hockey

CP Berne, un nouveau gardien pour un nouveau souffle

Dixième en National League, éliminé en Ligue des champions, le puissant CP Berne galère en ce début de saison. Il réagit en engageant un gardien finlandais afin de réinstaller la confiance à toute l’équipe

Tomi Karhunen est un sacré bourlingueur. Rien que sur ces trois dernières saisons, ce gardien finlandais a joué dans cinq pays différents. Alors, il n’a pas hésité à faire jouer sa clause de départ des Lahti Pelicans, dans son pays, lorsque s’est présentée l’opportunité de rejoindre le CP Berne. «Il s’agit de l’une des meilleures équipes européennes», s’est justifié le hockeyeur de 30 ans dans un communiqué.

Les Ours comptent sur lui pour redevenir dignes de ce statut. C’est pour cela qu’ils se sont mis en quête d’un nouveau gardien alors que le championnat de National League est déjà vieux de 23 journées (sur les 50 de la saison régulière). Les champions de Suisse en titre connaissent un début de saison très inquiétant. Ils ne pointent qu’au dixième rang du classement, à cinq points de la huitième place qualificative pour les play-off. Ils ont par ailleurs déjà été éliminés de la Ligue des champions.

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Dans d’autres contextes, l’entraîneur aurait pu préparer ses valises. Mais en l’occurrence, Kari Jalonen vient de signer une prolongation de contrat d’une année. Il fallait un autre levier pour tenter de résoudre la crise. «Les problèmes de Berne ne se limitent pas à leurs gardiens, mais la situation est telle aujourd’hui qu’il fallait essayer quelque chose, commente l’ancien portier du LHC Beat Kindler. Ce n’est bien sûr pas agréable pour celui qui en fait les frais, mais un nouveau gardien peut changer la dynamique d’une équipe. Si les joueurs ont confiance, ils jouent de manière plus libérée.»

Statistiques éloquentes

Le CP Berne se savait à un tournant après avoir pu, trois saisons durant, se reposer sur le brillant Leonardo Genoni. Mais après deux titres de champion dans la capitale, le gardien international s’en est allé à Zoug relever un nouveau défi. La pression de lui succéder fut alors partagée entre deux hommes: le jeune Niklas Schlegel (25 ans), débauché du côté des Zurich Lions, et le plus âgé Pascal Caminada (33 ans), qui n’avait jusque-là jamais assumé un rôle de «numéro 1» en première division. Risqué, pensaient bien des observateurs. «Attention, cela aurait pu très bien se passer, rétorque Beat Kindler. Une bonne série, quelques arrêts importants au bon moment et le club n’aurait jamais pensé à chercher un remplaçant… Dans la cage, c’est ainsi, la confiance est vraiment primordiale.»

Ils ne l’ont jamais vraiment trouvée. Leurs erreurs ont coûté des points importants au CP Berne, tandis que leurs pourcentages d’arrêts (89,65% pour Schlegel; 90,46% pour Caminada, en deux fois moins de temps de jeu) n’en font que les onzième et douzième meilleurs gardiens de l’élite, parmi les quatorze qui ont joué au moins 450 minutes à ce jour. Tomi Karhunen aura la responsabilité d’arriver avec, dans ses bagages, les outils pour provoquer le déclic.

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