Golf

A Crans-Montana, «Fitzi» the Kid gagne le respect

Matthew Fitzpatrick a remporté l’Omega European Masters de Crans-Montana en dominant l’Australien Scott Hend lors du barrage. Le grand espoir mondial de la discipline marque son territoire en Valais

Scott Hend devait se dire que, cette fois, son heure était venue. Battu par le Suédois Alex Norén en barrage de l’Omega European Masters l’an dernier, il s’y est retrouvé dimanche avec une claire envie de revanche. Certes, l’adversaire n’était pas le même: c’est l’Anglais Matthew Fitzpatrick qui lui faisait face. Mais qu’importe: il s’était porté en tête du classement dès le terme de la première journée, jeudi, avec une belle carte de 64 sur le par 70 de Crans-sur-Sierre. Le lendemain, il terminait avec un coup de moins. L’Australien de 44 ans était en forme. Jusqu’à ce putt a priori facile pour un joueur de son niveau et de son expérience au deuxième trou du face-à-face final. S’il l’avait réussi, il aurait remporté le tournoi, le quinzième de sa carrière, le troisième en Europe. Mais il l’a manqué. Au trou d’après, il s’effondrait. Un coup dans un bunker. Le suivant contre la tribune principale.

Matthew Fitzpatrick ne s’est pas fait prier pour en profiter. A 23 ans (depuis le 1er septembre), l’Anglais était davantage cité par les spécialistes au rang de joueur à suivre qu’à celui de candidat à la victoire. D’autres joueurs paraissaient mieux armés. Alex Norén (matricule 12 de la hiérarchie mondiale) et la confiance de la victoire signée l’an dernier. Tommy Fleetwood (16) et sa décontraction british. Lee Westwood – qui disputait à Crans-Montana sa 500e compétition sur l’European Tour – et son immense expérience. Voire le vétéran Miguel Angel Jimenez, qui adore le tournoi valaisan autant que le public valaisan l’adore, et qui avait merveilleusement bien joué au premier round. Mais c’est bien le benjamin de cette petite troupe qui a gagné les 450 000 euros promis au vainqueur.

Un club comme un six-coups

Dans le milieu du golf, on surnomme ce petit prodige au visage poupon «Babyface Killer» ou «Fitzi». On rajouterait bien «the Kid». Son physique sec et ses traits juvéniles font que, comme Billy the Kid, il n’impressionne personne. Il débarque sur un green comme le jeune brigand dans une bourgade de l’Ouest américain. Il faut que le golfeur sorte ses clubs comme le rouquin – il l’est sous les traits de Morris dans les aventures de Lucky Luke – doit dégainer son six-coups pour se faire respecter. Mais alors là, plus personne ne rigole… Ses concurrents se moquent de lui car il devra toujours montrer sa carte d’identité pour acheter de l’alcool mais, avec son succès à Crans-Montana, Matthew Fitzpatrick a déjà remporté quatre tournois sur la scène européenne. Il a participé à la Ryder Cup en 2016. Il pointe au 48e rang du classement mondial et a tout le temps devant lui pour gravir les échelons. Le grand espoir du golf mondial, c’est lui.

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Sur le Haut-Plateau, «Fitzi the Kid» est monté en puissance. Une première carte de 67. Une deuxième de 65. Pendant ce temps, Scott Hend s’échappait. Mais sous les pluies diluviennes de samedi qui ont coûté leurs nerfs et un résultat décent à bien des joueurs expérimentés, le futur vainqueur résistait (70). Puis il se hissait en barrage en jouant son meilleur golf, sans prendre de risques démesurés dimanche (64). La suite, Scott Hend est sans doute déjà en train de la ressasser.

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