S’achemine-t-on vers une surprise finale lors de l’European Masters 2009? La situation samedi soir, après trois jours de compétition sur quatre, incite à le penser. Les super-favoris? Dans les choux: Lee Westwood à 2 sous le par, Rory McIlroy à un modeste -5. Jean-François Lucquin – vainqueur l’an passé – et Alvaro Quiros? Ejecté au passage du cut, vendredi déjà. Julien Clément, No1 suisse et formidable 3e sur le podium de 2008? Planté à -6, score qu’il avait déjà acquis vendredi. Thomas Aiken, leader après deux jours? Redescendu de -10 à -6, ce qui signifie un 3e round à 4 au-dessus du par. Presque la «cata».

Restent, fidèles au poste, le légendaire Miguel Angel Jimenez (-11), 45 printemps, 15 victoires en tournois et 21e participation consécutive sur le Haut-Plateau, et le Gallois Bradley Dredge qui précède d’une unité (-12) l’Espagnol au katogan.

Et puis, tout devant, deux méconnus que l’on ne qualifiera pas d’illustres. Sous le soleil revenu à Crans-Montana, mâtiné de l’inévitable foehn, un Suédois, Alexander Noren, 27 ans, et un Sud-Africain, Charl Schwartzel, 25 ans, ont su tirer leur club du jeu: un magnifique -15 pour le premier, agrémenté d’un eagle (deux coups sous le par) au trou numéro 15, -13 pour le second, lequel a aligné les birdies (un sous le par) avec une régularité de métronome.

A l’heure du commentaire, Noren exposait sa performance avec un calme... de golfeur: «Par rapport à hier [vendredi], c’est le putting qui a tout changé. J’avais sans doute joué au même niveau que samedi, mais je ne rentrais rien. En plus, ça a commencé à m’énerver. Aujourd’hui, mon feeling était très différent.» Et d’ajouter discrètement que, s’il l’emporte aujourd’hui, il lorgnera sur la future sélection européenne en vue de la Ryder Cup 2010 (le match de prestige biennal opposant l’Europe aux Etats-Unis).

«Mon swing était quasiment parfait», constatait, de son côté, Charl Schwartzel. «A partir de là, sur un parcours d’altitude où la balle va plus loin, je pouvais attaquer les greens en ayant une chance de birdie à chaque coup. J’entends bien récidiver dimanche.»

Certes, mais ce 18 trous tracé à 1500 m, ainsi que le malicieux facteur vent, peuvent encore bouleverser la tête du classement. En faveur de qui?