L’incident semble sans précédent. Trois jours après la descente féminine de Coupe du monde disputée samedi à Crans-Montana, la Fédération internationale de ski (FIS) a publié ce mardi un communiqué pour annoncer que les résultats de la course avaient été revus et corrigés, avec des incidences jusque sur la composition du podium.

Derrière l’Italienne Sofia Goggia, dont la victoire est confirmée, on trouve finalement l’Autrichienne Nicole Schmidhofer (à 0’52) puis la Schwytzoise Corinne Suter (à 0’59). Précédemment deuxième et troisième, la Bernoise Joana Hählen et la Tessinoise Lara Gut-Behrami échouent respectivement aux quatrième et sixième rangs.

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Ce n’est là que le dernier épisode d’une histoire rocambolesque qui agite le Cirque blanc depuis ce week-end. Samedi matin, sous un soleil généreux et devant un public nombreux, la bonne tenue de la course est perturbée par des soucis récurrents de chronométrage. Les temps de Jasmine Flury, Joana Hählen, Priska Nufer et Lara Gut-Behrami ne sont pas enregistrés par le système électronique, provoquant des interruptions dans le bal des skieuses, la frustration des intéressées et des spectateurs.

Erreur de calcul

En cause: des ratés au niveau des capteurs placés sur la ligne d’arrivée. «Ils avaient été montés trop haut, admet la FIS dans son communiqué. Après deux jours d’entraînement, le niveau de la neige était un peu plus bas à cause des multiples passages et de la fonte due au soleil.»

Dans un premier temps sont appelées sur le podium Sofia Goggia, Joana Hählen et Nicole Schmidhofer. Mais rapidement, la FIS revient sur les résultats pour offrir le troisième rang à Lara Gut-Behrami au détriment de la skieuse autrichienne, qui ne cache pas son agacement, tandis que sa fédération dépose un protêt pour contester la méthode ayant abouti à cette rocade sur le podium. Et elle a eu raison de le faire, puisque la suite des événements démontrera qu’il y avait bien eu une erreur de calcul…

Les courses de ski s’appuient sur deux systèmes de chronométrage électronique. Lorsque le premier rencontre un problème, il reste le second. Sauf qu’à Crans-Montana, aucun des deux n’a fonctionné lors du passage des quatre skieuses susmentionnées.

Excuses présentées

Le règlement prévoit alors d’avoir recours au bon vieux chronométrage manuel tout en tenant compte d’un facteur de correction décrit à l’article 611.3.2.1. Il s’agit de prendre en considération, sur les dix concurrentes précédant celle où le système électronique a fait défaut, l’écart entre les temps enregistrés électroniquement et manuellement, puis d’en faire une moyenne qui sera ensuite ajoutée ou déduite au chrono manuel à corriger.

Dans le cas de la descente, ce facteur de correction était de 0’13 et il fallait l’ajouter aux temps enregistrés manuellement. Sauf que les responsables l’en ont enlevé. En s’en rendant compte, la FIS a dû revoir sa copie une fois de plus.

Dans son communiqué, elle présente ses excuses ainsi que celles de Swiss Timing, l’entreprise responsable du chronométrage. La responsabilité des organisateurs des épreuves de Coupe du monde de Crans-Montana n’est, elle, pas engagée dans cette histoire.