En dominant le Spartak Moscou (1-0), mardi à Highbury, Arsenal a préservé de justesse l'espoir de se qualifier pour les quarts de finale de la Ligue des champions, mais va devoir jouer à fond, pour gagner la semaine prochaine à Munich contre le Bayern.

Une stratégie prudente

C'était déjà une obligation mardi pour compenser la lourde défaite du match aller à Moscou (4-1), seule victoire des Russes dans cette deuxième phase. «On avait ce match aller dans la tête», confiait Robert Pires à l'issue de la partie. A ce petit traumatisme ancien s'est ajouté, plus récemment, celui d'une lourde défaite à Old Trafford contre Manchester United (6-1). Même si les Français d'Arsenal se sont ensuite changé les idées avec les Bleus, ce genre de déroute laisse des traces, et incite à la prudence.

«C'est une très bonne équipe, et j'avais peur qu'on se fasse prendre en contre», estimait Arsène Wenger, l'entraîneur des «Gunners», probablement traumatisé aussi par les retours inattendus du Bayern (2-2), un soir où Arsenal aurait dû gagner 3-0, et de Lyon à la dernière minute (1-1), il y a 15 jours.

Cette prudence excessive de Wenger est à l'inverse de l'humeur combattante des jeunes rebelles de Leeds, déjà qualifiés pour les quarts depuis le mois dernier, dans un groupe autrement plus relevé. La rotation des attaquants est aussi remise en cause, même par le très sage public d'Highbury. Quand Pires et Denis Bergkamp, excellents tous les deux, sont sortis à 20 minutes de la fin, remplacés par Kanu, à court de compétition et Wiltord, trop souvent consigné sur le banc malgré ses buts à répétition, le public d'Highbury a copieusement sifflé.

Ces sifflets étaient destinés à Wenger, pas à ses joueurs. Car à Highbury, le public paye cher pour voir ses champions aller de l'avant et attaquer tous azimuts. En bons Anglais, les supporters d'Arsenal ne veulent plus de cette mentalité de gagne-petit, qui a fait la réputation du «boring Arsenal» (Arsenal l'ennuyeux), à cause de trop de matches gagnés 1-0. Comme mardi.

LT