Ancien capitaine de l’équipe de Suisse de football, docteur en psychologie et psychothérapeute, Lucio Bizzini a créé le premier syndicat suisse des joueurs de football, introduit en équipe nationale l’approche psychologique des matchs, et cofondé l’Association suisse de psychothérapie cognitive. Il intervient régulièrement dans Le Temps sur le sport.

Il faudra du temps avant que des dizaines de milliers de spectateurs soient autorisés à se rendre dans les stades. Ceux de l’après-pandémie ne seront plus les mêmes, probablement réduits de 10 à 15% de leur capacité, selon l’architecte des stades Mark Fenwick, interrogé par le magazine Urban Fusions. A moyen terme, il est probable que certains spectateurs voudront vivre le spectacle comme ils en avaient l’habitude, sans précautions particulières, que d’autres continueront à respecter la distance spatiale et les gestes de sécurité, et que d’autres enfin n’iront plus au stade.

Les conséquences seront d’abord financières: la sécurité exige des restructurations qui se paient et ces coûts se répercuteront sur les prix des billets. Cela s’est déjà produit dans les années 1990 en Angleterre après le drame de Hillsborough, et plus globalement en réaction au phénomène des hooligans. Les clubs anglais durent équiper leur stade de places assises uniquement (avec moins de spectateurs), aménager les guichets d’entrée, démonter les grillages et engager des stadiers pour surveiller les fans. Surtout, on augmenta les prix d’entrée à l’unité tout en proposant des abonnements familles et la location de loges dans les tribunes. Ce public plus ciblé, moins «prolétaire», a certainement été une des raisons de la diminution du phénomène de la violence à l’intérieur des stades (celle à l’extérieur des stades est un autre problème, malheureusement pas encore résolu, y compris en Suisse).