Son deuxième prénom, qu’il doit à Ronald Reagan, le prédestinait à la politique. Mais c’est vers le football que s’est tourné celui qui, à 24 ans, est devenu le joueur le plus cher de la planète. Cristiano Ronaldo sera mardi soir au Letzigrund pour la rencontre de Ligue des Champions entre le FC Zurich et le Real Madrid. Dans un long entretien à paraître demain dans le Temps, l’étoile madrilène, qui maîtrise son image et assume son statut sans rougir, évoque son transfert mirobolant, son enfance, le football et ses nouvelles responsabilités. Le Real Madrid est le plus grand défi de sa vie. Mais rien ne le trouble. Personne ne croit davantage en Ronaldo que Cristiano lui-même. Extraits.

– Comment vivez-vous le fait de savoir que vous valez presque 100 millions d’euros, d’entendre chaque jour que les footballeurs sont des privilégiés?

– Ma foi, il y a des gens qui sont contents et d’autres pas. La vie est toujours ainsi. Si Dieu ne plaît pas à tout le monde, ce n’est pas moi qui vais y parvenir. C’est normal. Je comprends et je respecte ce qui se dit, mais souvent je ne suis pas d’accord. Je suis serein, je suis dans un grand club et je vais me prouver à moi-même, à ma famille, aux gens qui m’aiment et aux personnes qui m’ont engagé que je vaux bien cela. Je n’ai rien à ajouter, je dois seulement travailler.

– N’avez-vous pas le sentiment que le football a dépassé les bornes? Beaucoup de gens trouvent obscènes les sommes qui s’y payent.

– Non, je ne crois pas. Cela me paraît juste. Les choses sont ainsi.

– Mettriez-vous une limite financière aux engagements?

– Quoi? Ah, non, non! Je ne parle pas de ces choses, chacun reçoit ce qu’il mérite.

-Etes-vous conscient que votre monde est peut-être irréel, qu’en-dehors de votre bulle, il y a une planète terre?

-J’ai toujours vécu dans un monde réel. Dans ma tête, je penses toujours que je suis une personne normale qui fait des choses différentes, rien de plus. Nous les joueurs savons que nous avons une profession qui nous donne beaucoup de joies, mais aussi de responsabilités. Nous devons toujours gagner, la pression est grande. Mais nous sommes des professionnels et nous avons l’habitude.

- Votre enfance a-t-elle été aussi difficile que certaines de vos biographies l’affirment?

- Elle a été difficile mais je n’ai jamais manqué de rien. Mon père et ma maman ont beaucoup travaillé pour que nous ne manquions de rien. Mais cela n’a pas été facile de partir à Lisbonne alors que je n’avais que 11 ans. Non, ça n’a pas été facile de quitter Madère pour aller vivre seul dans une ville comme Lisbonne. Je pleurais tous les jours, mais j’ai aimé cette expérience. J’ai beaucoup appris, surtout à vivre avec la pression.

- Vous ne pleurez plus?

- Si, si je pleure encore de temps à autre. Parfois de joie, ou de tristesse quand on perd.

Source: El Pais

Traduction: Pilar Salgado