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Le portugais Cristiano Ronaldo assiste à la demi-finale de ligue des champions Real Madrid-Manchester City depuis les gradins, à Manchester, le 26 avril 2016.
© PAUL ELLIS

Ligue des champions

Cristiano Ronaldo, l’irremplaçable

Blessé, le buteur du Real Madrid est incertain pour le match retour contre Manchester City. Comme souvent en fin de saison

Tout Madrid ne parle que de sa blessure. Qui, Federer? Mais non, bien sûr; Cristiano Ronaldo! Le Portugais s’est blessé aux ischios de la jambe droite le 20 avril contre Villareal, en tentant un retourné acrobatique en toute fin de match, alors que le score était déjà de 3-0 pour le Real. La star est sur le flanc depuis trois matches et c’est toute la «Casa Blanca» qui vacille. Son retour est espéré mercredi soir à Chamartín pour la demi-finale de Ligue des champions contre Manchester City. A l’aller (0-0), Ronaldo avait regardé le match des tribunes.

Tout autre que lui se serait vu reprocher son geste inconsidéré. Mais «CR7» (sa marque déposée qui est devenue son surnom) est intouchable au Real Madrid. Il est même irremplaçable. Littéralement. Avant sa blessure, Ronaldo avait disputé dans leur intégralité tous les matches de la saison: 34 en Liga (3060 minutes jouées sur 3060) et 10 en Ligue des Champions (899 minutes jouées sur 900).

Sur les 10 derniers, disputés entre le 9 mars et le 20 avril, le Real Madrid a gagné six fois par au moins trois buts d’écart, largement de quoi se permettre de faire un peu souffler les joueurs les plus sollicités avant le sprint final du mois de mai. Mais Cristiano Ronaldo ne sort pas. Jamais. Parce qu’il n’en a pas envie. Et parce qu’entre une blessure possible, une fâcherie probable et une polémique certaine, ses entraîneurs – hier Rafael Benitez, qui a échoué à lui faire entendre raison, aujourd’hui Zinédine Zidane, qui a préféré s’en faire un allié – choisissent le moindre mal.

Tous les footballeurs veulent jouer, aucun n’aime être remplacé. Mais il y a plus que cela chez Cristiano Ronaldo. Le Portugais est obnubilé par ses statistiques et par son duel à distance avec Lionel Messi. S’il veut toujours être sur le terrain, jusqu’à la dernière seconde, c’est pour se donner plus de chance de marquer. Car plus le match approche de son terme, plus il a de chances d’y parvenir. L’étude statistique de ses buts montre que c’est entre la 76e et la 90e minute qu’il marque le plus: 115 buts (sur plus de 500 à ce jour), dont 25 dans les arrêts de jeu. Durant son second «temps fort», entre la 16e et la 30e minute, il n’en totalise «que» 87. Quand la partie est souvent jouée et que les organismes sont fatigués, lui est encore là, physique et détermination intacts.

De cette quête obsessionnelle et un peu vaine est née l’impression que Cristiano Ronaldo est peu décisif. Le quotidien sportif espagnol As a étudié ses buts pour la saison en cours et montré qu’un sur trois seulement a changé la physionomie de la rencontre (d’un match nul à une victoire, d’une défaite à un match nul), contre un sur deux pour Lionel Messi. Depuis, le Portugais a inscrit le but de la victoire du Real à Barcelone (à la… 85e minute) et le triplé de la qualification en quart de finale de la Ligue des champions contre Wolfsburg.

Ce qui pourrait passer pour un enfantillage prend des proportions énormes en Espagne. La presse s’en prend à l’entraîneur, qui est bien obligé d’admettre son impuissance. «D’un côté, c’est un problème qu’il veuille toujours jouer mais d’un autre côté, c’est bien que quelqu’un comme lui soit toujours disposé à entrer sur le terrain», tente de nuancer Zidane. C’est un peu plus grave que cela quand le joueur cache sa blessure, qui remonterait au match précédent contre Getafe. Et cela devient franchement problématique lorsque, fâché que le médecin du club évoque «une surcharge musculaire», Cristiano Ronaldo s’en va consulter d’autres spécialistes, à Madrid et même à Manchester.

Mais les plus ennuyés dans l’histoire sont les Portugais. Comme tous les deux ans, ils vont récupérer leur star dans un triste état. En 125 sélections, Cristiano Ronaldo a marqué 56 buts pour le Portugal, soit 0,45 but par match. Une moyenne très honorable qui chute à 0,33 en phases finales. Souvent décisif lors des barrages en novembre (2 buts contre la Bosnie en 2011, 3 en Suède en 2013), il était blessé à la Coupe du monde 2014 (3 matches, 1 but), fatigué à l’Euro 2012 (5 matches, 3 buts), hors de forme à la Coupe du monde 2010 (4 matchs, 1 but), blessé à l’Euro 2008 (3 matches, 1 but).

Le médecin de la Seleçao craint le pire pour l’Euro 2016. «Si le diagnostic est vraiment une déchirure, la récupération dure entre 18 et 21 jours. On compte 12 à 14 jours pour être complètement guéri puis 5 à 7 jours pour faire un travail de récupération musculaire. Avec une déchirure, Cristiano peut aggraver sa blessure et il met en risque sa participation à l’Euro.»

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