Triathlon

Daniela Ryf, quatre à la suite à Hawaï

Un peu plus loin dans l’histoire de l’Ironman, la Soleuroise est devenue la première femme à remporter la finale mondiale quatre fois consécutives

Il y a deux façons de rendre compte du nouveau succès de Daniela Ryf au Championnat du monde d’Ironman, à Hawaï. La première, via cette incroyable anecdote: pendant les 3,8 km de natation de cette course hors norme, la Soleuroise de 31 ans s’est fait piquer par une méduse.

La douleur, écrit-elle sur Twitter, était terrible dans l’eau, et il lui restait ensuite à parcourir 180,2 km à vélo, et 42,195 km à pied. Mais elle a serré les dents, peut-on imaginer, et a tiré de cette mésaventure l’énergie revancharde pour aller chercher non seulement la victoire, mais aussi le record du monde en 8 heures 26 minutes 16 secondes. Vingt minutes de mieux que sa précédente meilleure marque, établie en 2016.

Seule au monde

Et puis il y a la seconde manière, qui consiste à décrire la place que la jeune femme est en train de prendre dans l’histoire de sa discipline. Ce week-end, elle a remporté le plus prestigieux des triathlons longue distance pour la quatrième fois consécutive, ce qu’aucune autre athlète n’était parvenue à faire avant elle. Dans les annales, seules l’Américaine Paula Newby-Fraser (huit succès) et la Suissesse Natascha Badmann (six) ont fait mieux, mais elles n’ont jamais paru aussi seules au monde que Daniela Ryf.

C’est bien simple: depuis qu’elle a tourné le dos au triathlon «classique» pour les distances longues, elle gagne pratiquement toutes ses courses. Cette année encore à Hawaï, elle n’a pas laissé l’ombre d’une chance à ses concurrentes: sortie de l’eau avec dix minutes de retard sur l’Anglaise Lucy Charles, elle a ensuite réussi à renverser la situation pour s’imposer avec plus de dix minutes d’avance.

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En 2015, alors que Daniela Ryf venait de triompher à Kailua-Kona pour la première fois, l’ancienne championne Natascha Badmann livrait au Temps cette prophétie: «Elle peut gagner cette course les dix prochaines années.» La Soleuroise est bientôt à mi-chemin et, à 31 ans, ses plus belles années pour les courses d’endurance longues ne sont pas derrière elle.

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