Faute d’avoir réussi à entrer dans son match, Stan Wawrinka est déjà sorti du tournoi. Dès le premier tour! Le Suisse a été éliminé lundi 3 juillet au premier jour de Wimbledon par le jeune Russe Daniil Medvedev (6-4 3-6 6-4 6-1 en 2 h 13'). Une mésaventure qui ne lui était plus arrivée depuis Roland-Garros 2014. Cette fois, la surprise n’est que partielle. Le Vaudois n’a jamais vraiment brillé sur le gazon de Wimbledon. En treize participations, il a été battu six fois au premier tour et deux fois au deuxième. Son meilleur résultat est un quart de finale (deux fois, 2011 et 2016) alors qu’il a déjà été trois fois demi-finaliste dans chacune des trois autres levées du Grand Chelem.

Pour un an au mois, Wimbledon restera le dernier tournoi qui se refuse à lui, malgré l’embauche de Paul Annacone, ancien maître-jardinier de Pete Sampras et de Roger Federer. Comme Richard Krajicek l’an dernier, l’Américain n’a pas réussi à lui rendre le pied vert. Mais c’est peut-être du genou que vient le problème. Par deux fois lundi, le Vaudois a fait appel au soigneur. Durant toute la rencontre, il a semblé mal à l’aise sur ses appuis et a manqué d’impulsion au service à partir du troisième set.

Se soigner, une priorité

Ce problème de genou est récurrent chez Stan Wawrinka. Tout comme son peu d’entrain à en parler. Depuis plusieurs mois maintenant, il souffre en silence d’un mal qu’il ne veut pas nommer. Ce n’est pas une lésion car la douleur se balade, genou gauche, puis genou droit, et à nouveau genou gauche. S’agit-il d’une usure prématurée du cartilage? D’une inflammation du tendon rotulien? «D’une blessure que je dois désormais soigner», se borne à répondre le Vaudois. Seule certitude, il semble désormais bien décidé à traiter ce problème comme une priorité. Il faudra suivre dans les prochaines semaines l’adaptation possible de son calendrier.

Pour un sportif, évoquer des problèmes de santé c’est toujours s’avouer en situation de faiblesse. Mais lundi, le gazon a parlé pour lui. Le jeu sur herbe exige plus de flexions (la balle rebondit moins haut) et sollicite davantage les genoux. Stan Wawrinka pensait pouvoir gérer, comme il le fait depuis longtemps. «La douleur est revenue après deux ou trois jours de jeu sur herbe [il a participé voici deux semaines au tournoi sur gazon du Queen’s]. Je me suis posé la question de savoir si je devais déclarer forfait mais ces derniers jours, ça allait mieux donc j’étais à nouveau positif. En entrant sur le court, je ne pensais pas à mon genou, mais il est clair qu’au bout d’un moment, la douleur prend le dessus et parasite l’esprit.»

Medvedev, le blé en herbe

Face à un adversaire de la classe de Daniil Medvedev, cela devenait très compliqué. Trop compliqué après la perte du troisième set, cédé sur un break alors que le Suisse avait mené 40-15 sur son service. Il avait perdu pareillement la première manche sur un cinquième jeu complètement raté: un jeu blanc, trois fautes directes.

Medvedev, qui n’avait jusque-là jamais remporté le moindre set en Grand Chelem, signe le plus bel exploit de sa jeune carrière. Contrairement à Wawrinka, le Russe a enchaîné les bons résultats sur gazon, atteignant les quarts de finale à ’s-Hertogenbosch et au Queen’s et la demi-finale la semaine dernière à Eastbourne (battu par Novak Djokovic). Il aime le gazon. «Cela convient bien à mon jeu. Mon service, notamment, n’est pas très rapide mais il est précis et c’est ce qui importe sur herbe.»

Avec l’Allemand Alexander Zverev (20 ans) et son compatriote Karen Kachanov (21 ans), Daniil Medvedev (21 ans) est l’un de ces jeunes espoirs du tennis qui bousculent enfin la vieille garde. Même origines russes, mêmes physiques longilignes, mêmes talents insolents. Et pour l’heure, un même manque de «caisse» pour tenir sur la durée en configuration Grand Chelem. L’avenir dira assez tôt si Medvedev (sans lien de parenté avec l’ancien numéro 4 mondial Andreï Medvedev) ira loin dans ce Wimbledon. «J’avoue que je n’ai pas regardé mon tableau. Je serai content si j’arrive en quart de finale.»