A vingt-quatre heures d’intervalle, les deux demi-finales de l’Open d’Australie ont proposé deux scénarios identiques avec, à chaque fois, un adversaire beaucoup plus fort que l’autre. C’était attendu jeudi, quand le numéro un mondial Novak Djokovic n’a fait qu’une bouchée du qualifié russe Aslan Karatsev, parvenu à son seuil d’incompétence. Cela l’était beaucoup moins pour le second match, où Daniil Medvedev a écarté Stéfanos Tsitsipas de sa route (6-4 6-2 7-5) avec une autorité impressionnante.

Que Medvedev gagne et se qualifie pour sa deuxième finale en Grand Chelem (après celle de l’US Open 2019, perdue de peu face à Rafael Nadal) n’est qu’une demi-surprise. Il s’agit après tout de la 20e victoire consécutive du Russe (26 ans), la 12e contre un joueur du Top 10. Medvedev a remporté le tournoi de Bercy puis les Masters en novembre dernier, et a enchaîné en 2021 avec l’ATP Cup et l’Open d’Australie. Peut-il battre Novak Djokovic en finale, où le Serbe est invaincu en huit participations?

«J’aime bien jouer Novak»

Oui, et sa victoire éclatante sur Tsitsipas, qui venait pourtant d’éliminer Rafael Nadal, en est la démonstration. «Je pense que j’aurai mes chances, estime Daniil Medvedev. J’aime bien jouer contre Novak. Dès notre premier match, j’ai vu que mon style ne lui convient pas, alors que moi j’aime ça que l’on «s’arrache» pour réussir des points de tarés. Ici, je n’ai pas beaucoup de pression, puisqu’il n’a jamais perdu une finale. Je vais venir et jouer mon meilleur tennis et on verra bien. Il a plus d’expérience, c’est sûr, mais aussi plus à perdre.»

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Daniil Medvedev n’a connu qu’un moment difficile, dans le troisième set, alors qu’il menait 6-4 6-2 3-1 et semblait inarrêtable. Il commit quelques erreurs («des mauvais choix») et laissa Stéfanos Tsitsipas s’accrocher à ce mince espoir. Le Grec, longtemps dépassé par la vitesse, la précision et la variété des coups de son adversaire – lequel s’obstinait de surcroît à l’étouffer en servant rapidement (18 secondes en moyenne entre la fin d’un point et le début du suivant) –, eut le mérite de ne jamais renoncer, attendant une baisse de régime.

«Il était fatigué»

Elle survint quand Medvedev commença à penser à la finale. «J’ai eu un peu peur et je me suis un peu tendu parce que c’est une demi-finale de Grand Chelem, et pour nous, ce n’est pas la 50e comme pour Novak ou Roger.» Porté par un public tout acquis à sa cause (la communauté grecque de Melbourne, essentiellement), Tsitsipas revint à 3-3, eut une balle de break à 4-3, puis mena 5-4 0-30. En difficulté, Daniil Medvedev retrouva son service (17 aces au total, plus de 70% de premières balles, dont 48% non retournées), marqua 7 points consécutivement pour égaliser à 5-5 puis faire le break.

Il conclut proprement sur sa première balle de match. «Ça n’a pas été facile, commenta-t-il, mais je suis content d’avoir réussi à me reprendre. Je craignais un peu qu’il revienne dans le troisième set, il avait fait le coup à Rafa, mais j’avais vu aussi que ce match l’a fatigué. Chaque fois que je le faisais courir un peu, il avait de la peine.» Daniil Medvedev n’a pas le profil de ces joueurs pour qui la finale est une consécration. «Gagner 20 matchs de suite, c’est dans mon livre des records, pas dans le livre des records du tennis parce que le «Big 3» a déjà fait bien mieux. Je suis dans une bonne phase et j’espère faire durer encore un peu ce momentum.»