Tennis

Daniil Medvedev, le poison qui rend fou

Quatrième mondial lundi, le jeune Russe est pourtant l’invité surprise du dernier carré de l’US Open car son tempérament fantasque lui a longtemps joué des tours. Son jeu atypique fait désormais déjouer ses adversaires

Si un grizzli devait faire irruption sur un court de l’US Open, Daniil Medvedev aurait de bonnes chances de survie. Le Russe est expert dans l’art de faire le mort, de jouer les chiffes molles, de feindre de n’opposer aucune résistance. Son corps longiligne (1,98 m), d’où aucun muscle apparent ne semble émerger, sert ce qui n’est évidemment qu’une ruse. A la fin, c’est souvent l’autre qui finit en descente de lit.

D’ailleurs, Daniil Medvedev, 23 ans, est toujours en vie dans cet US Open qui s’offrira à Rafael Nadal ou à un outsider. Mardi en quart de finale, il a dégoûté les pronostics et fait déjouer Stan Wawrinka (à moins que ce ne soit l’inverse), en paraissant fuir le combat, en ne donnant jamais aucun rythme à une rencontre qui, en conséquence, n’eut jamais vraiment lieu. Cette stratégie fut un peu forcée – il souffrait d’une blessure musculaire à la cuisse et pensa longtemps devoir finir par abandonner – mais elle eut le mérite de ne jamais offrir à Wawrinka la cadence et l’élan dont son tennis de puncheur a besoin pour atteindre sa pleine puissance. «C’était moche, je sais, mais je n’avais pas le choix», admit Medvedev après la rencontre, avec la sincérité dont il est coutumier.