Aller au contenu principal
Encore 1/5 articles gratuits à lire
David Goffin (à gauche) et Dominic Thiem (à droite). 
© Gisela Schober

Projet Godard

David Goffin, dans l’antichambre des stars du tennis

«Le Temps» suit Roland-Garros en partant d’un joueur inconnu, puis de son vainqueur et ainsi de suite. Après avoir battu le Français Grégoire Barrere au premier tour, le Belge David Goffin s’est reposé et entraîné mercredi avant son match contre l’Argentin Carlos Belocq, jeudi sur le court N°3

Le projet Godard

En 2007, dans une interview à L’Equipe, Jean-Luc Godard expliquait comment rendre compte au mieux d’un tournoi de tennis: prendre un joueur inconnu qui dispute le premier tour, le suivre jusqu’à ce qu’il perde, puis poursuivre avec son vainqueur, et ainsi de suite jusqu’à la finale. En 2016, Le Temps réalise le projet Godard.

Il ne reste plus qu’une poignée de journalistes, des Belges et un Suisse, mardi à 21h30 lorsque David Goffin se présente en conférence de presse. Les Belges tutoient leur représentant, qui était encore sur le court vingt minutes plus tôt. Courtois, le jeune homme s’efforce de répondre du mieux possible aux questions habituelles: ses impressions d’après-match, la météo, l’attente à gérer, son prochain adversaire (l’Argentin Carlos Berlocq jeudi). Pas encore douché, la mèche toujours vaillante malgré l’effort, Goffin enchaîne avec une radio, debout dans un survêtement bleu, les mains dans le dos comme un bon élève.

Il l’est assurément. Le meilleur que la Belgique possède. Tête de série N°12 du tournoi, le Liégeois (25 ans) est le numéro 1 dans son pays et une valeur montante du circuit ATP. A Rome récemment, il a impressionné tout le monde en collant 6-0 6-0 à Tomas Berdych. Il n’est pas encore une star, mais déjà un joueur très sollicité par les médias et les spectateurs. En fait, il se situe à ce stade précis de sa carrière où tout s’accélère mais demeure à taille humaine. Avant de venir à Paris, il est rentré à Liège organiser une fête surprise pour les 25 ans de son amie Stéphanie.

Elle l’accompagne à Roland-Garros, où la colonie belge est nombreuse et démonstrative. Après sa victoire sur le jeune Français Grégoire Barrere (6-3 6-3 6-4), David Goffin est resté de longues minutes pour des autographes ou des selfies. «Ce n’est pas très loin, beaucoup font le déplacement. Il y a une vraie différence par rapport aux autres tournois du Grand Chelem. Je gère ça de mieux en mieux d’année en année», dit-il à propos de l’attente de ses compatriotes.

Décontenancé par la proposition du «Temps»

La proposition du Temps de l’accompagner jusqu’au bout de «son» Roland-Garros le décontenance un peu («Vous voulez vraiment me suivre partout?») autant qu’elle le flatte. La Suisse, c’est le pays de Roger Federer. Son idole de jeunesse. David Goffin avait douze ans l’année du premier sacre à Wimbledon. «Dans ma chambre, j’avais des posters de Federer tellement énormes que je n’avais pas la place de les punaiser correctement.» Il en est resté quelque chose, une fluidité, une élégance, un toucher.

Physiquement, David Goffin ressemble à un mélange de Claude François jeune (pour l’énergie) et de l’acteur Benoît Magimel (pour le contraste entre la blondeur et le regard bleu acier). Dans le players' lounge, sa silhouette plutôt fluette (1m80, 68 kg) le distingue des gros bras. Nous le retrouvons mercredi en début d’après-midi. Toujours vêtu de son survêtement bleu, il vient de se restaurer après s’être entraîné une heure au stade Jean Bouin avec l’Autrichien Dominic Thiem. «C’était très soutenu, parfois intense, comme toujours avec Dominic», détaille-t-il.

David Goffin, contradicteur très sollicité

Thiem est un autre grand espoir de l’ATP. Au tennis, votre partenaire d’entraînement en dit long sur votre réputation. Après avoir longtemps été demandeur, David Goffin est aujourd’hui un contradicteur très sollicité. Arrivé à Paris cinq jours avant le début du tournoi, il a tapé des balles dans un club privé à Rueil-Malmaison. Face à lui se sont succédé Borna Coric, Rafael Nadal, Andy Murray, Richard Gasquet (deux fois) et Tomas Berdych, pas rancunier. C’est son entraîneur, Thierry van Cleemput, qui s’est chargé de tout organiser. David Goffin a bénéficié durant quelques jours des conseils du préparateur Gérald Cordemy.

Depuis quelques mois, il s’est offert également les services de l’ancien joueur Thomas Johansson, vainqueur de l’Open d’Australie en 2002. Encore un coach suédois (comme les Suisses). Trois hommes et un Goffin, la bonne formule pour espérer passer un cap et claquer un gros résultat à Paris. Cela passe par une victoire jeudi contre Carlos Berlocq et un bon repos mercredi. «Je vais essayer de dormir et sans doute regarder un peu les matchs à la télé», glisse le Belge avant de disparaître dans le sillage du gros sac rouge de son entraîneur. La foule s’écarte puis se retourne au passage de ce visage sur lequel elle peine encore à mettre un nom.


Les précédents épisodes


Wawrinka, la force de l’habitude

Aucun tenant du titre à Roland-Garros n’avait jamais perdu au premier tour. La statistique peut s’écrire au présent, mais Stan Wawrinka a dû aller à la limite des cinq sets et sortir plus tôt que prévu sa panoplie (fluo) de champion pour se sortir du piège tendu par le Tchèque Lukas Rosol sur le court Central (4-6 6-1 3-6 6-3 6-4). La journée, qui avait débuté par de fortes averses et avec trois heures de retard sur le programme, s’achevait sous un déluge d’applaudissements. Pour Rosol, épatant de constance dans l’audace mais qui ne tint finalement pas la distance en précision, comme pour Wawrinka, vaillant et têtu comme lui seul sait l’être.

A ses qualités habituelles, le Vaudois semble désormais avoir ajouté la patience et une certaine expérience des temps faibles. Il sait que ses mises en train sont parfois poussives, alors il s’en accommode, donne moins de points, rallonge l’échange et s’accroche le temps qu’il faut pour que l’orage passe. Après la pluie, le beau temps, dit le proverbe. Il convient à la fois aux prévisions météos sur Paris et au parcours de Wawrinka dans le bas du tableau. Au prochain tour, il affrontera le Japonais Taro Daniel (91e mondial), vainqueur sur abandon du Slovaque Martin Klizan.

Publicité
Publicité

La dernière vidéo sport

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Les athlètes suisses reviennent des European Championships de Glasgow/Berlin, qui réunissaient les épreuves de sept fédérations, avec dix-neuf médailles. Retour en images sur les cinq performances les plus marquantes

Dix-neuf médailles: la réussite de Lea Sprunger & Co.

Switzerland's Lea Sprunger reacts after winning the women's 400m Hurdles final race during the European Athletics Championships at the Olympic stadium in Berlin on August 10, 2018. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
© JOHN MACDOUGALL