La Ligue des champions, cette année, ce n'est pas pour lui. Son club, le pourtant coté FC Valence, victime de bêtes querelles intestines, ayant réalisé un exercice 2007-2008 digne des banques, c'est-à-dire parfaitement calamiteux (10e de la Liga). Alors, cette saison, le lutin David Villa Sánchez (1m75 pour 69 kg), 26 printemps, se contente d'aligner les exploits sur le terrain national.

Résultat intermédiaire: après sept journées de championnat, Valence occupe le leadership avec 2 points d'avance sur le FC Séville et Villarreal, 3 sur les «Ferrari» Real Madrid et Barcelone. Le «petit», lui, totalise déjà 8 buts. Record historique, source de dithyrambe sur le site football.fr: «Autant dire que l'attaquant du FC Valence est, à l'heure actuelle, le meilleur joueur du monde à son poste.»

14 matches, 14 buts!

Louange corroborée par un certain Kakà, superstar brésilienne de l'AC Milan et surtout lauréat du Ballon d'or 2007: «Je pense que Villa est l'un des cinq prétendants majeurs à ma succession», se répand-il dans la presse ibérique. Sans doute, même si Lionel Messi et Cristiano Ronaldo restent favoris à la plus haute distinction footballistique individuelle.

Ajout de taille, le numéro 7 des Blanc et noir a également inscrit, depuis la reprise d'août, 5 goals en autant de parties avec l'équipe d'Espagne, plus 1 en deux rencontres de Coupe de l'UEFA. Total: 14 matches, 14 buts! Du jamais-vu.

En sus de cela, on n'aura garde d'oublier que «El Guaje» - «le gamin», synonyme de «El Niño», appellation déjà contrôlée par Fernando Torres - fut le goleador de l'Euro 2008 (4 réussites, bien que forfait pour la finale), non sans avoir établi au passage un autre record historique: premier coup du chapeau en phase finale de l'Eurofoot, lors du match initial de la Seleccion contre la Russie à Innsbruck (4-1).

70 millions d'euros

Selon les spécialistes du mercato (le prochain s'ouvre en janvier), Villa vaudrait pas loin de 70 millions d'euros, soit 108 millions de francs suisses, à la bourse du foot. Depuis trois ans qu'il sévit à Valence - et encore davantage grâce au sacre espagnol à l'Euro austro-suisse -, tout le monde le pourchasse.

Sur les rangs, en vrac, offres concrètes dans les tiroirs du président valencien Vicente Soriano Serra: Chelsea, Real Madrid, Barcelone, Manchester United et City, Juventus Turin, AC Milan, Arsenal, Tottenham... Avec de tels soupirants, quiconque envisagerait le divorce vite fait. Pas David Villa.

«Je refuse...»

«Notre province d'origine, les Asturies, est très pauvre», expliquait le père de David, Juan Villa, au quotidien As à l'aube de l'Euro. «J'ai travaillé toute ma vie dans les mines et je croyais que mon fils connaîtrait un destin semblable. Et puis il y a eu le football, l'engagement par le FC Valence. A mes yeux, ça reste inespéré.» En bon fils, «El Guaje» corrobore, fin août, dans un entretien à la chaîne Sexta/Deportes: «Valence m'a beaucoup apporté. Demeurer fidèle à ce club est pour moi une question de principe. J'y ai signé un contrat qui court encore, personne ne m'a obligé à le faire et je refuse de me prendre la tête avec ça. Moi, je pense uniquement au prochain match, pas à l'argent ou à la gloriole.»

Fair-play atypique, augmenté de deux paramètres: enfant d'un patelin appelé Tuilla, David a vu son paternel aller au charbon par 900 mètres de profondeur; et à quatre ans, il fut victime d'une vilaine fracture du fémur qui faillit le rendre boiteux. Voilà qui aide à relativiser les «honneurs» du box-office. D'autant, Villa junior l'affirme, que «l'équipe de Valence se compose de grands joueurs [Morientes, Silva, Edu, Joaquín, Baraja entre autres], d'un grand entraîneur [le Basque Unai Emery]. Elle finira par triompher.» Prophétie en voie d'accomplissement.