Enzo Trossero est un homme optimiste qui croit en sa nouvelle mission: qualifier la Suisse à la prochaine Coupe du monde. Pour cela, il voulait commencer, pour son premier match, par une belle victoire à domicile face à la Grèce, hier soir à l'Espenmoos de Saint-Gall. L'Argentin n'a pas été récompensé. L'équipe nationale et son nouveau sélectionneur n'ont pas tiré de nombreux enseignements positifs de cette rencontre amicale et ont dû se contenter d'un match nul flatteur (2-2). Pas la meilleure façon de préparer le premier match qualificatif pour le Mondial 2002, contre la Russie, dans un peu plus de deux semaines à Zurich.

«A domicile, nous devons jouer pour gagner.» Les propos du sélectionneur ont sonné faux durant toute la rencontre. Peu de rythme. Des attaquants rarement servis dans de bonnes conditions. Ciriaco Sforza, qu'Enzo Trossero veut chef d'orchestre, ne se met pas en évidence. La star de Bayern Munich répète que sa motivation à jouer en équipe nationale est intacte. Sa nonchalance démontre plutôt le contraire. D'habitude très présent, Johann Vogel est lui aussi apathique et souvent mal placé. La défense à trois, mal soutenue par le milieu de terrain, se montre empruntée.

Bonne rentrée de Wicky

Deux notes positives dans ce contexte plutôt maussade. La bonne rentrée de Raphaël Wicky, seul joueur à s'offrir à ses coéquipiers au milieu de terrain et récupérateur de nombreux ballons. La prestation d'ensemble d'Alexandre Comisetti, l'ailier d'Auxerre s'est fait remarquer pour son travail défensif, sa superbe reprise de volée a permis d'ouvrir la marque (13e) et une frappe enveloppée sur coup franc terminait sur la barre transversale (51e).

Le but initial aurait pu libérer l'équipe d'Enzo Trossero. Mais en l'espace de trois minutes, les Grecs renversaient le score à leur avantage. D'abord, une sortie complètement ratée du gardien Zuberbühler permettait à Ouzounidis de placer une tête victorieuse (20e). Ensuite, un mouvement collectif à une touche de balle libérait Georgiadis qui pouvait tromper Zuberbühler, en sortie, d'une pichenette intelligente (23e). En fin de première mi-temps, les 6000 spectateurs, jusque-là très tolérants, se laissent aller à des sifflets désapprobateurs. Durant la pause, des rappeurs exécutent des figures sur la pelouse et suscitent, eux, de copieux applaudissements…

Au retour sur le terrain, Enzo Trossero réajuste sa défense en reculant Wicky, alors que Magin (entré pour Henchoz) fête sa première sélection. La réaction attendue n'a pas lieu hormis le coup franc de Comisetti qui s'écrase sur la transversale. Les Grecs, par de longues balles qui sautent le milieu de terrain, se retrouvent souvent en bonne position. Georgiadis (53e) et Lymperopoulos (57e), seuls tour à tour devant Zuberbühler, voient leur tir arrêté d'abord par le gardien, puis par le poteau. Dès l'heure de jeu, les deux entraîneurs donnent l'occasion à de nombreux remplaçants d'entrer sur le terrain. Les Grecs restent très présents dans le camp de défense suisse. Et Zuberbühler se rachète de sa bourde initiale en effectuant un bel arrêt réflexe sur un tir lointain de Karagounis (77e).

Contre le cours du jeu

Sur une des rares offensives de la deuxième mi-temps, Hakan Yakin reprend à la perfection un coup franc botté par Esposito (79e). Ce but, arrivé à nouveau contre le cours du jeu, permet à la Suisse de quitter l'Espenmoos invaincue. Mais il faudra montrer un autre visage le 2 septembre prochain. Sinon la qualification pour la prochaine Coupe du monde pourrait commencer du mauvais pied.