«Thurre = traître», «Comité = gagne-petit… De qui se moque-t-on?»: le moins que l'on puisse dire, c'est que les supporters du Lausanne-Sports ont traduit mercredi soir de manière plutôt vive sur de larges calicots tout le mal qu'ils pensent du départ de leur ex-chouchou «Léo» Thurre pour Genève et de la campagne de transferts complètement ratée des dirigeants de leur club préféré durant l'intersaison. «Kita (n.d.l.r.: président du Lausanne-Sports), quand achèteras-tu des joueurs?», hurle d'ailleurs l'un d'eux dans la tribune principale au terme du match qui a vu le Servette FC l'emporter par un but à zéro face à un LS littéralement méconnaissable.

Que de chemin parcouru en effet en 49 jours. Souvenez-vous: le 3 juin dernier, il y avait 13 800 spectateurs au stade de la Pontaise pour la rencontre Lausanne-Sports – Servette. Hier ils n'étaient que 4500. Il y a sept semaines, la formation de l'entraîneur Pierre-André Schürmann avait faim de football. Hier, elle s'est montrée sans appétit, subissant le plus souvent la pression – même plutôt timorée – des hommes de Gérard Castella. Certes, remarqueront les observateurs avertis, ce n'est pas la meilleure équipe qui l'a emporté sous le soleil couchant d'une soirée de juillet, mais la moins mauvaise.

Comme il est utile de rappeler que l'enjeu n'était pas le même. Le 3 juin, Servette et le Lausanne-Sports s'affrontaient pour le titre. Hier, le match – le quatrième de la saison – comptait pratiquement pour «beurre». Seulement, il est des entraîneurs ou des comités de club, qui se sont aperçus à de réitérées reprises, qu'à l'heure des comptes, en fin de saison, cela peut coûter cher. Après avoir pu se mettre sept buts sous la dent le 3 juin – 5-2 pour Servette qui en profitait pour rafler un titre national sur lequel le Lausanne-Sports avait des vues somme toute réalistes –, les supporters vaudois ne se reconnaissent vraiment plus aujourd'hui en cette équipe qui navigue à vue. Constat accablant, les joueurs engagés par le comité de Waldemar Kita – et notamment le défenseur Eduardo Magnin qui ne parvient pas à s'entendre tactiquement avec Daniel Puce – sont si mauvais qu'ils tirent littéralement le reste de l'équipe vers le bas.

Même Fabio Celestini n'est plus que l'ombre de lui-même. Ajoutez à ce tableau peu reluisant les erreurs flagrantes de coaching – il ne nous avait pas habitué à cela – réalisées par l'entraîneur lausannois Pierre-André Schürmann: par exemple la sortie prématurée d'Andres Gerber, qui était le seul joueur de son équipe à pousser réellement à ce moment-là. Vous comprendrez que ce Lausanne-Sports-là a bien du souci à se faire.

Sur le terrain, le Servette FC l'a emporté 1-0. Un score acquis à la 29e minute déjà: Edwin Vurens trompe le portier Eric Rapo d'un tir tendu après un des nombreux cafouillages de la défense vaudoise. Pour le reste, la première mi-temps fut absolument sans couleur. La seconde n'a pas été réellement plus attrayante, même si les Lausannois se sont un peu réveillés portant plusieurs fois le danger devant la cage d'Eric Pédat entre la 52e et la 74e minute.

Sur le coup de 22 heures, François, supporter de longue date des «bleu et blanc» regagne sa voiture en maugréant: «Il faut que je trouve quelqu'un qui me rachète mon abonnement pour la saison. Je ne vais quand même pas venir m'embêter de la sorte à chaque match à domicile. Dire que mon blé à servi à des dirigeants incompétents. Ça me fait vraiment mal.»