Degenkolb tient le haut du pavé

Cyclisme Première victoire allemande à Paris-Roubaix depuis 1896

John Degenkolb (Giant-Alpecin) a remporté dimanche le Paris-Roubaix le plus indécis de ces dernières années, cent dix-neuf ans après la première et seule victoire allemande dans «l’Enfer du Nord», lors de la première édition. Josef Fischer, vainqueur en 1896, a enfin un successeur. Degenkolb était attendu comme l’un des favoris du jour et n’a pas déçu, semblant toujours maîtriser son sujet jusqu’à sa victoire au sprint, devant le Tchèque Zdenek Stybar (Etixx-Quick Step) et le Belge Greg Van Avermaet (BMC).

Vainqueur de Milan-San Remo et septième du Tour des Flandres, Degenkolb est, avec le Norvégien Alexander Kristoff (10e) l’autre héros de la saison des classiques. Les deux sprinteurs, âgés respectivement de 26 et 27 ans, ont confirmé qu’une nouvelle génération était arrivée à maturité. Le passage de relais s’est fait en l’absence, sur blessure, des favoris traditionnels Tom Boonen et Fabian Cancellara. Pour sa dernière apparition dans une grande course sur route, le Britannique Bradley Wiggins (Sky) s’est montré à plusieurs reprises mais le vainqueur du Tour de France 2012 n’a pu suivre les attaquants dans le final.

Course bloquée par un train

La course a été l’une des plus indécises de ces dernières années. Une trentaine de coureurs composaient encore le peloton à la sortie du carrefour de l’Arbre, secteur pavé généralement décisif. C’est finalement sur une portion bitumée que la bonne attaque est partie, celle des Belges Greg Van Avermaet, leader de la BMC, et Yves Lampaert, équipier talentueux d’Etixx-Quick Step. Le duo a pris du champ sur un groupe désorganisé et a été rejoint par John Degenkolb, visiblement le plus à l’aise toute la journée sur les pavés. Quatre autres coureurs ont réussi à combler l’écart et c’est un groupe de sept qui s’est présenté sur le vélodrome. Lampaert a bien tenté d’emmener le sprint pour son leader Zdenek Stybar, mais le Tchèque s’est retrouvé trop vite seul en tête à 200 mètres de l’arrivée. Degenkolb, calé dans sa roue, l’a débordé facilement.

«San Remo c’était déjà une forte émotion mais là, ça dépasse tout, a dit l’Allemand à France Télévisions après l’arrivée. C’est la course que j’ai toujours rêvé de gagner. Je n’avais pas peur d’échouer, et ça a été la clé.» Le doublé San Remo – Paris-Roubaix n’avait plus été réalisé depuis Sean Kelly, l’idole de Degenkolb, en 1986.

Pendant la course, une partie du peloton a été bloquée par un passage à niveau automatique qui s’est fermé avant le passage d’un TGV, à 87 kilomètres de l’arrivée. De nombreux coureurs ont forcé le passage – ce qui est interdit par le règlement – avant que les officiels de la course bloquent les autres concurrents.