Il y a longtemps que les experts du raisonnement ne la comparent plus à Martina Hingis, symétrie tentante, mais déraisonnable. Comme son aînée, Timea Bacsinszky a remporté deux fois les «Petits As», équivalent tennistique du Salon de l'auto, où de jeunes académiciens s'étripent avec ferveur, sous le regard madré des recruteurs. Comme Hingis, la Lausannoise, 20 ans, a ces postures fascinantes de combattante primesautière, ce même sourire dont elle ponctue chaque coup, les géniaux comme les ratés, et dont nul ne distingue trop la part de gaieté, la part de cruauté.

Demain, si tout va bien, Timea Bacsinszky rencontrera sa glorieuse aînée, et ce sera Patty Schnyder. «J'ai toujours voulu «la jouer», rit-elle. Patty approche de la trentaine et, j'imagine, elle aspire à fonder une famille. C'était un peu le moment où jamais.» Pour obtenir ce privilège - car c'en est un - Timea Bacsinszky a éliminé Tamira Paszek, une Autrichienne adroite, après quelque atermoiement (1-6 6-3 6-3). Un peu plus tard, Patty Schnyder a tenu son rang devant Ekaterina Bychkova (6-3 6-4). «Timea suit son chemin. Elle montre une grande maturité pour son âge. Face à moi, elle disputera le match de l'année, j'en suis sûre. Un duel suisse saura la motiver.»

«J'étais nerveux»

Un autre derby «menace» dans le tableau masculin, à l'horizon des quarts de finale, entre Stanislas Wawrinka et Roger Federer. Hier, le premier est resté aux vestiaires, à l'abri de la pluie, tandis que le second a trouvé le temps d'éliminer le colossal Sam Querrey (6-4 6-4 6-3). «Au début, j'étais très nerveux, reconnaît Federer. Entrer dans un tournoi du Grand Chelem n'est jamais une routine.»

Interrogé sur Stanislas Wawrinka, le numéro un mondial a rendu hommage: «Je ne sais pas si nous pouvons qualifier son entrée dans le top 10 de «logique». Il y a beaucoup de joueurs sur la planète. Certains sont talentueux, d'autres moins, mais il n'est jamais facile, encore moins logique, de percer au plus haut niveau. Probablement que Stan n'est pas le plus doué d'entre tous. Mais avec beaucoup de travail et, depuis quelques mois, davantage de finesse, il accomplit de grands progrès.»