Le Temps: Comment avez-vous enrôlé le meilleur joueur du dernier Championnat de NHL?

Silvio Caldelari: J'ai pris mon téléphone et, comme mon prédécesseur, j'ai vanté le lac, nos montagnes et notre soleil. Plus sérieusement, nous avons eu un premier contact positif. Nous nous étions déjà côtoyés. Après ma proposition, Martin Saint-Louis a pris des renseignements chez ses compatriotes canadiens exilés en Suisse, et je ne l'ai plus lâché.

– Quelles retombées pouvez-vous espérer de ce transfert historique?

– Le coup de l'opération est entièrement financé par des privés. Le montant reste très éloigné des tarifs pratiqués en Russie mais, à notre échelle, il n'est pas négligeable. Je suis très reconnaissant aux personnes qui en assument la charge. Comme M. Lei-Ravello (ndlr: membre en vue du nouveau conseil d'administration) l'a dit, Martin Saint-Louis nous cède ses droits d'image. La venue d'une telle star est une chance. Profitons-en.

– Depuis que vous en assumez la direction, LHC a changé d'administrateurs, de responsable marketing, d'entraîneur et, maintenant, de renforts étrangers. Vous semblez parti pour faire le ménage.

– Mon idée, à la base, consiste à doter le club d'une structure d'entreprise, puis à lui redonner la place qui, selon moi, est la sienne: celle de premier club romand. Faire le ménage n'est pas mon objectif, mais sa conséquence… Quoi qu'il en soit, je ne savais rien de Lausanne avant d'y venir, sinon ce que j'en avais entendu dans les séances de la Ligue suisse.

– C'est-à-dire?

– De grands éclats de rire. Les perpétuelles polémiques autour du LHC amusent beaucoup les autres clubs.

– Qu'avez-vous découvert à votre arrivée?

– Le plus frappant était le manque de structures. D'un côté, il y avait beaucoup de bonne volonté et, de l'autre, aucune organisation ni vue d'ensemble. Exemple: le club avait confié la responsabilité du marketing à une société indépendante, sur laquelle il n'a aucun contrôle!

– Rapperswil, Langnau ou Fribourg reposent sur un tissu économique sinon inférieur, du moins égal à celui de Lausanne. Pourquoi jouissent-ils d'une meilleure assise?

– Cette question revient souvent. Il m'est très difficile d'y répondre. Au-delà des structures déficientes, nous souffrons clairement d'un manque de sérieux. Notre mentalité n'est pas la même qu'en Suisse alémanique. Est-ce la seule raison? J'espère le savoir bientôt.

– Où comptez-vous amener le club?

– Les mesures d'assainissement constituent une priorité. Dans un délai de quatre ans, Lausanne doit avoir une structure saine, un budget de 10 millions de francs et l'une des quatre meilleures équipes du pays. Attention: ce sont des objectifs, non des promesses.