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En battant sa soeur Venus au terme d’une finale assez oubliable (6-4 6-4), Serena Williams a remporté l’Open d’Australie pour la septième fois. Elle compte désormais 23 titres du Grand Chelem.
© Cameron Spencer / Getty Images

Tennis

La dernière bataille de Serena Williams

Vainqueur de sa sœur Venus en finale (6-4 6-4), la numéro 1 mondiale totalise plus de titres majeurs que quiconque mais suscite encore la controverse

«Serena Williams est la plus grande joueuse de l’histoire du tennis. Encore une victoire et il n’y aura plus de discussion.» C’était en juillet dernier dans Le Temps, juste après Wimbledon. Patrick Mouratoglou, l’entraîneur français qui a donné un second élan à la carrière de l’Américaine, a été exaucé samedi. En battant sa soeur Venus au terme d’une finale assez oubliable (6-4 6-4), Serena Williams a remporté l’Open d’Australie pour la septième fois. Elle compte désormais 23 titres du Grand Chelem.

Cela reste un de moins que l’Australienne Margaret Court-Smith (24 titres accumulés avant et après 1968, date de l’ouverture des épreuves du Grand Chelem aux professionnels), mais dans le milieu du tennis, seul le record de Steffi Graf (22 titres) faisait référence. Elle dépossède au passage une autre Allemande, Angelique Kerber, qui avait profité en 2016 de sa très grande nervosité en finale (défaites à Melbourne puis à Paris) pour s’emparer de la première place mondiale. Pour tout le monde, Serena Williams était la véritable numéro 1 mondiale.

Qui est vraiment la N°1?

Il y a beaucoup moins d’unanimité sur sa place dans l’histoire du tennis féminin. Les livres de records et de statistiques la placent tout en haut, sans discussion possible. Malgré cela, certains renâclent. Dimanche, la BBC continuait de sonder les amateurs de tennis dimanche, sur l’air de «Qui est VRAIMENT la meilleure, toutes époques confondues?»

Si tant est que ces classements intergénérationnels aient une quelconque pertinence, leur résurgence à l’heure où précisément le débat semblait clos, est révélateur. Vingt ans après ses débuts sur le circuit WTA, Serena Williams reste considérée comme une pièce rapportée, une note dissonante. Ce n’est pas forcément une affaire de couleur de peau. Plutôt de style et d’attitude.

Même s’il s’est mondialisé et modernisé, le monde du tennis continue de véhiculer les codes de la bonne société anglaise de la fin du XIXe siècle, que Roger Federer incarne à la perfection. Serena Williams – l’arrogance de Kanye West sur le fessier de Kim Kardashian – n’est jamais entrée dans ce moule. Son tennis est guerrier, sans finesse inutile. On insiste sur sa puissance physique mais c’est sa force mentale, son orgueil et son ambition qui la distinguent des autres, et même de sa soeur Venus (sept titres du Grand Chelem, contre 23 à sa cadette).

23, le nombre d’or du sport US

«Je reste plus grande que toi [en anglais: taller]», a plaisanté l’aînée, pas trop déçue. «Je n’en serais pas à 23 titres s’il n’y avait pas eu toi devant moi, Venus, pour me montrer le chemin», lui a répondu la cadette.

Un détail va peut-être aider Serena Williams à accéder au statut auquel elle aspire. Sa victoire à Melbourne est la 23e de sa carrière en Grand Chelem et 23 est un nombre mythique dans le sport américain. C’était le numéro de maillot de Michael Jordan au Chicago Bulls, celui de LeBron James à Cleveland, celui avec lequel David Beckham s’est fait connaître aux Etats-Unis (Los Angeles Galaxy). C’est aussi le nombre de médailles d’or olympiques remportées par le nageur Michael Phelps. Sans attendre, l’équipementier de Serena Williams lui avait d’ailleurs fourni une paire de chaussures arborant un «23» noir sur fond rouge pour la finale.

Seul problème: elle risque de passer rapidement à 24.

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