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En 2017, Rafael Nadal, vainqueur de Roland-Garros et ici l'US Open, s'est partagé les titres avec Roger Federer, sacré à Melbourne et Wimbledon

L’œil du court

Derrière Federer et Nadal, le vide

Le tennis a un besoin urgent de nouvelles stars: en l’absence de Djokovic, Wawrinka et Murray, le retour des anciens en 2017 met en évidence l’absence de relève crédible, estime Marc Rosset dans sa chronique au «Temps»

Je vous l’avoue, je n’ai regardé que d’un œil la finale de l’US Open. Elle fut assez ennuyeuse, sans envergure. J’ai surtout suivi la fin, parce que je voulais vivre ce moment: la dernière finale remportée par Rafael Nadal avec son oncle Toni comme coach. J’aime quand l’histoire se termine bien, et ce fut le cas. Ces deux-là resteront indissociables. Ce sont des gens très humbles qui ont toujours cherché à progresser et à s’améliorer.

Cet US Open a été assez étrange et décevant, comme à peu près toute la saison en fait, hormis l’Open d’Australie. La finale de Melbourne entre Nadal et Federer a été exceptionnelle, les trois autres ont été à sens unique, sans suspense. Ma crainte, c’est que l’on doive apprendre à s’y habituer. Les absences de Stan Wawrinka, de Novak Djokovic, d’Andy Murray, de Milos Raonic, de Kei Nishikori ont montré qu’il y avait un trou entre les sept-huit meilleurs joueurs du monde et les autres. Et lorsqu’il en manque cinq d’un coup, comme à Flushing Meadows, le «gap» devient un fossé béant.

L'art de vivre sur son passé

A New York, seuls Nadal, Federer et del Potro ont montré un bon niveau de jeu. Et encore, «delPo» n’est pas encore totalement revenu, alors que Roger a clairement été gêné par ses problèmes de dos. On le voyait bien, il s’est continuellement cherché durant ce tournoi. Il n’était pas serein, comme s’il avait constamment dû se battre contre lui-même. Malgré cela, il a eu quatre balles de deux sets à un contre del Potro.

Pas de chance, ces trois joueurs étaient dans la même moitié de tableau. Le forfait tardif de la tête de série numéro 2 Andy Murray – et une fois encore je ne lui jette pas la pierre – a déséquilibré le tournoi. Le cas de figure est assez exceptionnel mais je crois qu’il vaut la peine que l’ITF modifie son règlement. Le tennis doit faire attention parce qu’il est en train de vivre sur son passé. La saison a été sauvée par deux revenants. On verra en janvier prochain si Stan Wawrinka, Andy Murray et Novak Djokovic reviennent aussi fort et aussi vite, mais dans tous les cas ces joueurs ont déjà tous la trentaine.

De jeunes talents qui manquent encore d'expérience

Le tennis a toujours besoin de stars, et en ce moment il a un urgent besoin de nouvelles stars. L’ATP peut monter tous les Masters M21 qu’elle veut, le seul moyen d’y parvenir est de voir un jeune joueur remporter un titre du Grand Chelem. Comme l’ont fait Federer, Nadal, Becker, Sampras, Borg, et bien d’autres. La génération des Dimitrov et Kyrgios ne manque pas de talent mais est trop inconstante pour y croire vraiment. On a misé toute l’année sur Alexander Zverev mais il a à chaque fois déçu. D’abord parce qu’il n’a pas encore le physique, non pas nécessairement pour gagner en cinq sets mais pour avoir confiance en lui sur la durée d’un match en cinq sets. La remarque vaut aussi pour Shapovalov et Rublev. Beaucoup de talent mais pas encore la caisse.

Zverev s’est encore compliqué la tâche par des déclarations trop optimistes et ambitieuses en début de tournoi. C’est une erreur de jeunesse classique. Il s’est mis d’emblée une pression inutile. Un Nadal ne fait jamais ça. Ecoutez-le: jamais il ne fanfaronne, jamais il ne dit qu’il va gagner le tournoi, alors qu’il en a gagné seize.

La fin de saison sera rythmée par la course pour la place de numéro un mondial. Il sera désormais dur pour Roger Federer d’aller chercher Rafael Nadal. Roger peut finir fort partout mais en l’absence de Wawrinka, Murray et Djokovic, je ne vois pas qui empêchera Nadal d’arriver au moins en demi-finale et de marquer les points qui lui manquent.

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