Après avoir exclu le base-ball et le softball (une variante féminine du base-ball) des Jeux olympiques, vendredi matin, le Comité international olympique (CIO) n'a pas réussi à se mettre d'accord à Singapour pour désigner de nouveaux entrants. Il a donc ramené à 26 le nombre de sports au programme des Jeux de Londres de 2012. Aucune discipline n'a obtenu lors d'un vote public les deux tiers des suffrages nécessaires pour figurer au programme des JO 2012.

Cinq nouveaux sports étaient sur les rangs pour rentrer aux Jeux d'été: karaté, roller, golf, squash et rugby à sept. Le golf a été le premier éliminé, avant le roller et le rugby à sept. Le squash et le karaté avaient tous deux obtenu 51% des votes qui les rendaient éligibles, mais n'ont pas obtenu les deux tiers qui leur auraient, selon les statuts du CIO, permis d'entrer au programme des JO 2012.

Depuis le congrès de Mexico, en novembre 2002, la liste des sports olympiques d'été n'est plus immuable et sera d'ailleurs remise en question après chaque olympiade, seuls les quotas de compétitions (301) et le nombre d'athlètes (10 500) restant fixes.

Le pentathlon moderne, souvent désigné comme en danger, demeure olympique, ainsi que le taekwondo, dont on avait parfois prédit l'exclusion.

La bagarre va maintenant se reporter, lors de la commission exécutive qui doit se réunir en octobre prochain à Lausanne, sur les quotas (10 500 athlètes) et les disciplines (301), qui bénéficieront des retraits du base-ball et du softball. La commission se prononcera sur d'éventuels changements dans la nature des disciplines, qui pourraient aboutir à une nouvelle répartition du nombre d'épreuves dans chacun des vingt-six sports maintenus.

La commission du programme olympique du CIO, présidée par l'Italien Franco Carraro, a réalisé un rapport fondé sur trente-trois critères pour l'évaluation des sports, parmi lesquels figurent la popularité, l'attrait et l'intérêt des médias (télévisions et presse). Le base-ball et le softball auront donc pâti de n'être pas universellement populaires. Le base-ball n'a jamais réussi à attirer aux Jeux les vedettes de la discipline, qui jouent le plus souvent dans de grandes équipes américaines.

Après la décision du CIO, les Fédérations grecques de base-ball et de softball ont exprimé leur mécontentement. Les deux disciplines, quasiment inexistantes en Grèce il y a encore quelques années, ont connu un élan dans le pays à l'occasion des Jeux olympiques d'Athènes, en août 2004. Des équipes nationales avaient été montées de toutes pièces en faisant appel à des Grecs de la diaspora installés aux Etats-Unis et au Canada. «Le public a été très favorable au base-ball. Aujourd'hui, plus de 1500 jeunes pratiquent cette discipline», selon Panayotis Mitsiopoulos, président de la Fédération de base-ball, qui espère que le CIO reviendra sur sa décision après les Jeux londoniens.

Dans la soirée, la Fédération américaine de softball a également fait part de sa déception à la suite de l'exclusion de son sport. «Nous sommes choqués par l'annonce du retrait du softball du programme olympique en 2012. Le vote des membres du CIO est un coup cinglant porté aux millions de jeunes filles partout dans le monde qui rêvaient de participer», indique l'organisation dans un communiqué.

«C'est un jour triste pour tous ceux dans notre sport qui ont consacré leur vie à faire du softball un sport olympique. Il a fallu trente ans pour faire entrer la discipline aux JO. Maintenant, nous allons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour que le softball soit réintégré aux JO de 2016.»