A moins d'un mois de la cérémonie d'ouverture, le comité d'organisation des JO (SOCOG) se trouve confronté à une lourde tâche: trouver des acheteurs pour plus de deux millions de billets donnant droit à l'accès sur les sites des compétitions.

La motivation de la majorité des Australiens n'est pas à mettre en doute: bien que la population totale du pays n'excède pas les 19 millions, près de trois millions de billets ont été vendus au public. Il sera pourtant bien difficile à Michael Knight, président du SOCOG et ministre des JO, de persuader le reste des habitants de se ruer sur les derniers tickets. La taille du pays-continent interdit à la moitié d'entre eux, sous peine de dépenser des milliers de francs en voyage et en logements, de venir à Sydney. Le scandale de la billetterie a anéanti la motivation de l'autre moitié.

Huit cent mille places pour les sponsors

Le SOCOG avait promis que les Jeux de Sydney seraient les Jeux des Australiens. Pour remplir cet engagement, il avait assuré que cinq des neuf millions de billets leur seraient réservés. Leur mode d'attribution était des plus égalitaires: une loterie géante. Sauf qu'à la mi-octobre, quelques jours après le déroulement de celle-ci, la presse a révélé que 800 000 des meilleures places avaient auparavant été vendues à des sponsors et à de riches personnalités. Michael Knight avait donc menti aux Australiens. La plupart ne lui ont pas pardonné. Le fiasco ne s'est pas arrêté là: de nombreux laissez-passer envoyés par courrier n'ont jamais atteint leurs propriétaires. Or, le fabricant ayant oublié de les munir de code-barres, les billets égarés ne peuvent pas être remplacés.

Pour atténuer le scandale, le comité d'organisation a racheté la moitié des 800 000 billets «illégaux» pour les remettre dans la roulette géante. Un nouveau tour de loterie a été lancé. Mais l'envie n'y était plus. 1,8 million de tickets seulement ont trouvé preneurs lors de ces deux premiers tours. Le SOCOG devait donc trouver un moyen pour écouler le reste du stock. Heureusement, un grand groupe de presse australien, sponsor des JO, a proposé d'utiliser ses pages pendant deux semaines pour présenter chaque jour les places encore disponibles, accompagnées d'un numéro de téléphone pour les personnes intéressées. Le public, qui voyait enfin ce à quoi il pouvait avoir droit, a apprécié cette opération. Ainsi, depuis quinze jours, des coursiers distribuent porte à porte les tickets vendus. Et pour écouler les deux millions de places restantes, des guichets ont été ouverts dans Sydney. Cas de force majeure oblige, la vente est ouverte à tous, Australiens et étrangers. Des stades vides ne feraient en effet pas spécialement bon effet pour l'image des Jeux.