Comme son nom l'indique, En attendant le Tour, l'émission de France Télévision, n'a d'autre objectif que de faire patienter la clientèle de la petite reine avant que l'Eurovision n'abreuve celle-ci d'images saisissantes.

Totalement relâché, Thierry Blanco anime donc entre deux quintes de rire calorifique une table ronde autour de laquelle on évoque la géographie, l'histoire et les traditions de la région traversée tout autant que la légende de la Boucle. Entre deux questions joviales aux invités et une revue de presse menée sabre au clair par Pierre Salviac, les journalistes balancent des sujets sur le mode «Jaan Kirsipuu qui file vers le point de ravitaillement réussira-t-il à se saisir de sa musette sans embrasser la fille du cantonnier?». Mais l'interview quotidienne de Thierry Bourguignon est sans contestation possible le sommet de cet interlude hors catégorie.

Membre de l'équipe Bigmat Auber 93, Bourguignon est,

à 37 ans, le doyen du peloton. L'homme, 49e au classement général, est ainsi cuisiné chaque soir par Salviac qui lui quémande une foule d'anecdotes, pourvu qu'elles relèvent plus de la galéjade que de la révélation embarrassante. Filmé sur fond noir au sortir de la douche, le coureur trône sur un fauteuil semblable à celui des stars sur les plateaux de cinéma. Bavard, gouailleur, Bourguignon profite de son élocution facile puis force le trait comme s'il s'apprêtait à se lancer dans une imitation de Jean Gabin. Aujourd'hui, il décerne le bonnet d'âne de la semaine à Conti qui a osé attaquer durant une pause pipi: «Celui-là, il porte bien son nom.» Il avoue encore ne pas se souvenir des villes traversées: «Mais je sais qu'on est parti de Nantes et qu'on est arrivé à Laval.» Comme un écolier appliqué, il trace encore un rapide «à demain» sur un tableau blanc puis se hasarde à donner le nom du vainqueur du jour: «Depuis trois jours, j'annonce Cipollini et il se plante. Alors aujourd'hui je vais dire Casper, comme ça, c'est enfin Cipo qui va gagner…» Et toc!