Kitzbühel lui va si bien… Déjà vainqueur de la descente sur la Streif, Didier Cuche s’est offert vendredi le super-G. Un succès qui lui avait souvent glissé entre les doigts pour une poignée de centièmes. «Cela fait bientôt dix ans que je tourne autour. J’ai été plusieurs fois sur le podium, mais j’ai raté des victoires, notamment ces trois dernières années, à cause de petites erreurs avant l’Hausbergkante», raconte-t-il. «Aujourd’hui [vendredi], j’ai fait la différence dans la traverse. Dans le changement de pieds, j’ai senti que le ski en aval a tout de suite pris et m’a poussé en avant et non vers le bas comme beaucoup de coureurs.»

La victoire est d’autant plus savoureuse que ce super-G-là ne s’offre pas au premier venu. «Quand on pense qu’un grand bonhomme [Hermann Maier], qui a remporté plusieurs fois la Coupe du monde, a gagné cinq super-G ici, ça montre la difficulté de cette épreuve. Je suis fier d’avoir réussi à inscrire mon nom à ce palmarès. Et puis, c’est Kitzbühel. Je ressens toujours du plaisir ici. C’est l’endroit de ma première victoire en Coupe du monde.»

«Réussir quelque chose de grand»

Didier Cuche ne laissera pas la griserie l’enivrer et le déconcentrer à la veille de la descente, qui pourrait bien elle aussi lui tendre les bras. La bringue, ce sera pour plus tard. «Il n’y a pas besoin de faire la fête pour apprécier des moments comme ça. Quand vous êtes dans la tour ronde de l’aire d’arrivée avec 15 000 personnes devant vous qui font du bruit, c’est fort. Des moments magnifiques et positifs qui sont source de motivation pour la suite.»

Avec ce troisième succès de la saison, dans trois disciplines différentes, le Neuchâtelois a retrouvé l’assurance qui l’avait un peu lâché depuis sa chute de Val d’Isère. «Ces derniers temps, ce n’est pas tellement la côte qui posait problème. A Val d’Isère, j’avais flirté plusieurs fois avec les limites au niveau de la prise de carres. Il m’a fallu du temps pour retrouver cette confiance, pour oser balancer à nouveau les genoux. J’ai senti que ça revenait à l’échauffement au Lauberhorn. J’ai pu tirer des courbes comme avant.»

Au vu de ce qu’il a montré aux entraînements de la descente, il peut légitimement aspirer au doublé. Son coach, Mauro Pini, y croit. «S’il skie comme ça demain [samedi], il peut réussir quelque chose de grand. Il est tranquille et serein.»