Déjà vainqueur l’hiver dernier à Wengen et Kitzbühel, le Valaisan a fait encore plus fort en épinglant la descente olympique. Bref, le skieur de Morgins gagne peu, mais quand il y parvient, quel triomphe ! Son titre peut néanmoins être considéré comme une demi-surprise. Quelque peu en retrait cet hiver (no 6 mondial à la Coupe du monde), Défago avait dû attendre vendredi pour que ses entraîneurs lui donnent le quatrième et dernier ticket helvétique pour la course.

La victoire de Défago est d’autant plus belle qu’elle a été acquise au terme d’une descente royale. Après avoir repoussé l’épreuve de deux jours, on redoutait que la météo ne vienne encore chambouler la donne. Il n’en a rien été. On craignait aussi que la piste «Dave Murray» ne soit pas à la hauteur d’une descente olympique. Encore une fois, il n’en a rien été.

Derrière Défago, on ne trouve que du «lourd»: le Norvégien Aksel Lund Svindal pointe à sept centièmes, l’Américain Bode Miller suit à neuf centièmes. Rarement un podium olympique de ski alpin n’aura eu si fière allure.

Grand absent de ce trio, Didier Cuche a dû se contenter de la sixième place. Favori de l’épreuve, le Neuchâtelois était dans les temps de son coéquipier jusqu’au dernier pointage intermédiaire avant de perdre du terrain sur la fin (0’’36 de retard sur la ligne). No 1 mondial de la descente depuis quatre ans, le skieur du Val-de-Ruz ne parachèvera pas sa domination par une médaille d’or. Les JO de Vancouver sont toutefois loin d’être terminés pour Cuche, à qui il reste le super-G (vendredi) et le géant (dimanche) pour imiter Défago.

Sous les yeux de Simon Ammann, sacré en saut à skis deux jours plus tôt, Défago est devenu le deuxième champion olympique de Vancouver. Après Pirmin Zurbriggen à Calgary (1988) et Bernhard Russi à Sapporo (1972), il est aussi désormais le troisième Suisse vainqueur d’une descente olympique.