Didier Défago est bel et bien de retour ! Le Valaisan s’est adjugé la descente de Bormio (It) en devançant le Glaronais Patrick Küng.

Sa victoire est pour le moins bluffante. Blessé au genou gauche la saison dernière, le skieur de Morgins n’était pas attendu aussi rapidement aux avant-postes. Mais le champion olympique ne l’a pas entendu ainsi.

A force de volonté, Défago a réussi une progression fulgurante. Ses résultats en descente parlent d’eux-mêmes: 48e à Lake Louise (Can), 13e à Beaver Creek (EU), 1er à Bormio.

«Cela m’avait manqué de vivre une telle journée», a relevé le Valaisan, qui s’était déchiré le ligament croisé le 15 septembre 2010 lors d’un entraînement à Zermatt. «Ce n’est pas seulement la sensation de victoire que je voulais retrouver, mais celle de réussir une belle performance, de côtoyer à nouveau les meilleurs», a-t-il expliqué.

«Je me réjouissais de revenir à Bormio. Cette piste me convient (réd: 2e de la descente en 2009) et je savais que je pouvais briller. Je ne m’estimais toutefois pas encore assez fort pour gagner», a reconnu le coureur de 34 ans. «Le géant d’Alta Badia (réd: 9e place le 18 décembre) m’a donné confiance. Cela a également été le cas avec mes entraînements des deux derniers jours, même si j’y ai commis à chaque fois une grosse erreur», a-t-il raconté.

Cuche admire

Cette confiance retrouvée s’est vue sur la «Stelvio». Défago a pris tous les risques, suivant des trajectoires quasiment parfaites. Sur l’une des pistes les plus exigeantes du circuit, il a aussi fait la différence sur le plan physique.

Plusieurs cadors l’ont titillé sur le haut du parcours, mais aucun n’a tenu le choc jusqu’à la ligne d’arrivée. Klaus Kröll (Aut) a dû se contenter de la 3e place, Bode Miller (EU) de la 5e et Aksel Lund Svindal (No) de la 6e. Quant à Didier Cuche, il a subi le même sort en terminant au 8e rang à plus d’une seconde de son coéquipier.

«C’est vraiment incroyable ce que Didier (Défago) réalise pour un retour de blessure», a commenté Cuche, qui s’y connaît en matière de come-back. «Je ne peux que m’incliner et lui tirer mon chapeau», a ajouté le Neuchâtelois.

«Je ne suis pourtant pas le seul responsable de ce retour au premier plan», a estimé Défago. «Mes médecins et mes entraîneurs ont effectué un gros travail. Sur le plan privé, ma famille a aussi été d’une grande aide. Nous avons vécu des moments difficiles. Mais dès le début, nous avions décidé de revenir tous ensemble. Ce succès est aussi le leur», a-t-il souligné.

Zurbriggen égalé

En s’imposant, Défago a ajouté une quatrième victoire à son palmarès en Coupe du monde. Si le Valaisan gagne relativement peu souvent, il a l’art d’épingler les plus belles courses. Outre son titre aux JO 2010 de Vancouver, il peut s’enorgueillir d’avoir raflé les trois plus belles descentes du circuit: Bormio, Wengen en 2009 et Kitzbühel la même année. Outre ces trois classiques, il avait gagné en super-G à Val Gardena en 2002.

Grâce à son succès, Défago a également mis fin à une anomalie pour le ski alpin helvétique. Jusqu’ici, seul Pirmin Zurbriggen avait triomphé en descente à Bormio lors des Mondiaux de 1985.

Küng confirme

Non contents d’avoir enfin décroché une victoire en Valteline, les Suisses ont réussi un doublé grâce à Patrick Küng. A 27 ans, le Glaronais est monté sur son deuxième podium, après une 3e place à Garmisch (All) en mars 2010.

La performance de Küng n’a toutefois rien d’une surprise. L’homme se plaît à Bormio, comme en témoignent sa 4e place de l’an dernier et ses chronos aux entraînements (3e et 2e). «J’ai pu reproduire la course que j’avais imaginée. J’aurais évidemment aimé fêter un premier succès. Mais sur une piste si difficile, je me contente volontiers de cette 2e place», a-t-il déclaré.

Cela s’est moins bien passé pour Beat Feuz. Pour sa première participation sur la «Stelvio», le Bernois a chuté après moins de trente secondes, surpris par une fausse trace. L’Emmentalois s’en est sorti indemne, mais il a perdu son dossard rouge de leader en descente au profit de Bode Miller.