Après les intempéries et les retards de ces derniers jours, le tournoi entre pleinement dans sa phase active aujourd'hui. Roger Federer, lui, a déjà commencé. D'abord brillant, irrationnel, contre un Nicolas Massu désespérément monolithique (6-1 6-2), le Bâlois a ensuite versé dans une sorte d'inertie, pour différer sa victoire à une heure tardive - score des deux derniers sets: 5-7 7-5.

Peu de jambes, peu de rythme, peu de puissance. Au gré de son calvaire, le numéro un mondial a ressuscité Nicolas Massu, bien plus démuni en termes de panoplie, mais capable de donner à ses coups une profondeur embarrassante. «Honnêtement, à aucun moment je n'ai eu l'impression de perdre le contrôle. Je suis très content de mon jeu.» Roger Federer retrouvera dimanche le jeune espoir tchèque Tomas Berdych, son tombeur aux Jeux d'Athènes, qualifié sur abandon de Nicolas Kiefer.

Côté féminin, Martina Hingis et Patty Schnyder ont passé une matinée tranquille. Seule la seconde a connu quelques contrariétés au premier set (2-6), plus exactement une panne d'oreiller. «Je n'étais pas sur le terrain. C'était catastrophique», convient-elle. Pour autant, Julia Vakulenko (WTA 135) n'est pas parue moins fruste. Encore vaillante dans la deuxième manche (7-5), l'Ukrainienne n'a pas marqué un seul jeu dans la dernière.

Même trame, ou presque, pour Martina Hingis, vainqueur de la modeste Zuzana Ondraskova (6-1 6-3) en moins de cinquante minutes. La Tchèque pointe à la 114e place au dernier recensement de la WTA. Elle n'était pas de taille à émerger, pas contre cette réincarnation de la minutie qu'est la nouvelle Hingis, soumise chaque jour, avec une intensité inégale, aux mêmes questions existentielles: «Oui, Roland-Garros revêt une grande importance... comme tous les tournois.» «Oui, j'ai changé. Je suis plus mature, mon approche est différente.» «Je ne sais pas si la Martina d'aujourd'hui, encore perfectible, battrait la grande Martina de l'époque. Probablement que oui.»

Reste à savoir si la Martina d'aujourd'hui battra la Croate Ivana Lisjak, 19 ans. Puis, dès dimanche, si elle se sentira la force, le courage, voire les moyens d'aligner trois performances de très haut niveau, derniers écueils avant la finale que devraient constituer, dans l'ordre et sauf surprise, Elena Dementieva, Kim Clijsters et Justine Henin! «Nous verrons le moment venu», élude la Saint-Galloise, barrée d'un sourire immuable. Patty Schnyder n'est guère mieux lotie: elle est attendue dimanche par Venus Williams, rayonnante et explosive, quasiment impressionnante. Le tournoi commence...