Le pari d'une nouvelle candidature olympique vaut-il la peine d'être tenté? Depuis les premiers soubresauts des deux projets grison et montreusien, à la fin de l'année 1999, la question déchire les milieux politico-sportifs de Suisse. Pour les uns, à l'instar de Denis Oswald, l'un des cinq membres suisses du CIO, ces projets viennent trop tôt après les deux échecs valaisans, et une nouvelle défaite aurait des conséquences catastrophiques en termes d'image pour de prochaines candidatures. Pour les autres, promoteurs en tête, rien de tel que de battre le fer pendant qu'il est chaud, en s'appuyant sur les prédispositions de la Suisse à accueillir des Jeux d'hiver.

Dans un univers olympique souvent insondable, les risques de désillusion pour 2010 sont grands. Les concurrents pré-annoncés (Vancouver, Sarajevo, Kitzbühel/Innsbruck, les Coréens de Munju et le projet slovaco-polonais de Poprad/Zakopane) sont de grande valeur, et une victoire de Paris ou d'Istanbul dans la course aux JO d'été de 2008 réduirait sans doute les chances d'une ville européenne d'obtenir les JO suivants. Mais une candidature suisse sérieuse aurait un grand mérite, qu'elle vise 2010 ou 2014: celui de mettre en exergue un pays qui, de plus en plus, assure sa présence sur la scène internationale grâce au sport.

La Suisse abrite le siège d'une vingtaine de fédérations sportives internationales. Elle organise un nombre impressionnant de compétitions importantes, qui contribuent à sa promotion touristique et permettent à ses dirigeants politiques de nouer des contacts. Pour la première fois, le Conseil fédéral a reconnu concrètement l'importance de cette vitrine il y a trois semaines, en accordant à l'Agence mondiale antidopage une exemption fiscale en cas d'installation définitive à Lausanne.

Au-delà de toutes les spéculations sur ses chances de réussite, une nouvelle candidature olympique suisse, comme le projet austro-helvétique d'Eurofoot en 2008, apporterait une pierre supplémentaire à l'édifice de cette «diplomatie par le sport». Une pierre de taille.

F.D.