FC Bâle. Favori, comme toujours. Champion en titre et plus gros budget de la classe (40 millions), le FC Bâle aborde ce nouvel exercice en toute confiance. Le contingent offre un bel équilibre entre vieilles valeurs sûres (Alexander Frei, Marco Streller, Benjamin Huggel…) et jeunes talents en pleine éclosion (Xherdan Shaqiri, Yann Sommer, Granit Xhaka, Fabian Frei…). Lesdites perles résisteront-elles aux sirènes de l’étranger cet hiver? C’est de là que pourrait venir la perturbation pour le FCB, dont l’entraîneur Thorsten Fink commence, par ailleurs, à attiser les convoitises de clubs allemands.

Grasshopper. L’époque est révolue où les Sauterelles survolaient la concurrence. Mais après quelques années de vaches maigres, Grasshopper donne l’image d’un club qui chemine sur la bonne voie. Les soucis financiers semblent dissipés et, rayon sportif, l’entraîneur Ciriaco Sforza poursuit son œuvre. Avec dix arrivées et seize (!) départs, GC a été le club le plus actif sur le marché; on verra vite si la stratégie était la bonne.

Lausanne-Sport. De retour parmi l’élite, le LS navigue avec le plus menu budget de Super League (6,8 millions). Qu’à cela ne tienne: l’esprit d’équipe n’est pas un vain mot à la Pontaise, l’entraîneur Martin Rueda effectue un travail formidable et les dirigeants ont mené une campagne de transferts intelligente sur le papier. L’ancien gardien international Fabio Coltorti (Racing Santander), le défenseur Frédéric Page (Xamax) et le milieu offensif Nicolas Marin (Sion) apporteront un peu de bouteille à ce groupe qui, manifestement, aime grandir. Jusqu’où?

FC Lucerne. Meilleure équipe du premier tour l’an passé avant de craquer, le FC Lucerne aborde ce nouvel exercice plein d’enthousiasme. Plus de 8000 personnes se sont déjà abonnées pour donner vie à la Swissporarena, nouvelle enceinte de 17 000 places. Dans les coulisses, le milliardaire égyptien Samih Sawiri, qui projette un immense complexe touristique à Andermatt, a confirmé son attachement à la région en investissant dans le FCL. Sur le terrain, on attend de voir la patte du nouvel entraîneur Murat Yakin, un type qui monte. Aux dernières nouvelles, son frère cadet Hakan est moins enrobé que jamais.

Neuchâtel Xamax. Tout a déjà été dit sur cette drôle de greffe tchétchéno-neuchâteloise. Reste à écrire l’histoire. Le patron Bulat Chagaev avait promis des renforts; certains sont là (avec les Espagnols Victor Sanchez et David Navarro en têtes d’affiche). Mais l’effectif devrait encore beaucoup évoluer d’ici à fin août et, à tous les étages du club, règne une volonté de faire table rase. Joueurs évincés, sponsors débarqués, logo revisité, murs de la Maladière repeints. Pour quels résultats? Une certitude: le Corse François Ciccolini, engagé au poste d’entraîneur parce que le Brésilien Sonny Anderson ne possédait pas le diplôme requis, n’occupe pas la fonction la moins à risques de Super League…

Servette FC. Tout ira bien, puisque Majid Pishyar le dit. Extrêmement actif au niveau verbal, le président servettien échafaude de grands projets. Mais le recrutement grenat, très modeste jusqu’ici, ne rejoint pas ses fastueuses déclarations – «Nous serons champions en 2014». L’entraîneur João Alves, qui se serait finalement entendu avec ses dirigeants pour un accord portant sur deux ans, est d’ailleurs le premier à admettre – et déplorer – que son contingent ne soit pas complet à l’heure de la reprise. L’enthousiasme d’un groupe solidaire et perfectible suffira-t-il pour viser autre chose que le maintien? Pas sûr du tout.

FC Sion. Pour Christian Constantin aussi, l’appétit vient en mangeant. Bon quatrième du dernier championnat, le FC Sion doit, dans l’esprit présidentiel, se mêler à la lutte pour le titre cette saison. L’ossature du groupe a été conservée (deux départs seulement), à laquelle se sont joints neuf nouveaux venus – dont l’excellent attaquant guinéen Pascal Feindouno et l’Espagnol Gabri, qui sort de deux ans au Qatar. Le hic: ces éléments ne sont pas qualifiables aux yeux de la FIFA et de la Swiss Football League.

FC Thoune. Comme chaque année, les experts placent Thoune en queue de classement. Qualifié cette saison pour l’Europa League, tout heureux d’étrenner un nouveau petit bijou de stade (10 000 places), le club de l’Oberland devra une fois de plus s’amuser à déjouer les pronostics. Milaim Rama et Mauro Lustrinelli, les deux vétérans (35 ans) de l’attaque, sauront-ils guider leurs coéquipiers vers le succès? Bernard Challandes, qui coachera son quatrième club en moins d’un an et demi, doit l’espérer.

Young Boys. Cette fois-ci, y en a marre! Sevré de titre de champion depuis 1986, le club de la capitale, proche du sommet ces dernières années, est bien décidé à gravir la marche ultime. Pour ce faire, YB a engagé un guide qui connaît bien le chemin: Christian Gross, six fois sacré à la tête des Grasshoppers puis du FC Bâle. L’homme peut s’appuyer sur un solide contingent, au sein duquel le talentueux Nassim Ben Khalifa fait son retour au pays. Parviendra-t-il à inoculer le virus de la gagne à ses protégés?

FC Zurich. Vice-champion de Suisse, le FC Zurich a misé sur la stabilité, avec un effectif quasi inchangé. Sous la houlette du charismatique Urs Fischer, le groupe ne demande qu’à franchir un cap, à l’image du très prometteur attaquant Admir Mehmedi, l’un des principaux protagonistes de la récente épopée des M21 finalistes de l’Euro.