Les instances dirigeantes de dix associations nationales européennes de football ont signé dimanche 6 novembre une lettre commune adressée à la FIFA, dans laquelle elles réaffirment leur volonté de défendre les droits humains, de soutenir les travailleurs migrants et de continuer à faire pression sur la FIFA afin qu’elle respecte les promesses faites dans le cadre de la Coupe du monde au Qatar, qui débute le 20 novembre.

Cette initiative est une réponse commune à un courrier que Gianni Infantino et Fatma Samoura, le président et la secrétaire générale de la FIFA, ont envoyé la semaine dernière aux 31 pays qualifiés pour le Qatar (pays organisateur) et dans lequel ils leur enjoignaient de «se concentrer sur le football» plutôt que de «donner des leçons de morale au reste du monde».

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Vendredi 4 novembre, Le Temps révélait que cette lettre de la FIFA avait été particulièrement mal accueillie par plusieurs associations nationales. Celles que nous avions alors contactées, dont l’Association suisse de football (ASF), se refusaient à tout commentaire.

«Les droits humains s’appliquent partout»

Ces dix pays sont tous membres du groupe de travail de l’UEFA sur les droits humains et du travail. Il s’agit de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Belgique, du Danemark, de la Norvège des Pays-Bas, du Pays de Galles, du Portugal, de la Suède et de la Suisse. Seules la Norvège et la Suède ne sont pas qualifiées pour la phase finale, mais la présidente de la Fédération norvégienne, Lise Klaveness, a prévu de se rendre au Qatar pour assurer le suivi et mettre la pression.

«Nous reconnaissons et saluons, comme nous l’avons fait par le passé, que des progrès significatifs ont été réalisés par le Qatar, notamment en ce qui concerne les droits des travailleurs migrants, avec l’impact des changements législatifs démontrés dans les récents rapports de l’Organisation internationale du travail», posent d’emblée les signataires.

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Ils saluent également «les assurances données par le gouvernement qatari et par la FIFA concernant la sûreté, la sécurité et l’inclusion de tous les fans qui se rendent à la Coupe du monde, y compris les fans LGBTQ +» et «[reconnaissent] que chaque pays a des problèmes et des défis à relever et nous sommes d’accord avec la FIFA pour dire que la diversité est une force.» Ils insistent cependant: «Embrasser la diversité et la tolérance signifie également soutenir les droits de l’homme. Les droits humains sont universels et s’appliquent partout.»

Un coup de pression de la FIFA

En conséquence, les dix affirment qu’ils continueront «à soutenir la dynamique en faveur d’un changement positif et progressif et à plaider pour un résultat concluant et une mise à jour des deux questions clés en suspens dont nous discutons avec la FIFA depuis longtemps.» Ces deux questions – le fonds de compensation pour les travailleurs migrants et le concept d’un centre pour les travailleurs migrants à créer à Doha – font l’objet d’une longue bataille en coulisses. «La FIFA s’est engagée à plusieurs reprises à apporter des réponses concrètes à ces questions et nous continuerons à faire pression pour que ces réponses soient apportées», conclut la déclaration.

Ces dix pays ont déjà annoncé que les capitaines de leur sélection porteraient un brassard multicolore avec l’inscription «One love», symbole selon eux de diversité et de lutte contre toutes les discriminations. Selon nos informations, une délégation de la FIFA a récemment rendu visite à l’une des plus virulentes de ces dix associations européennes pour la remettre au pas. Séparément, la pression est immense. D’où la réponse collective.

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