Il est bien commode, mais rare, de pouvoir réduire tout un match à un seul point. Surtout s’il s’agit d’une partie bizarre, contrastée mais sans nuance, pas forcément surprenante dans sa conclusion mais étonnante par la brutalité avec laquelle son scénario s’inversa. Il faut donc voir ce point sinon comme un fidèle résumé du moins comme une allégorie.

Nous sommes au tout début du cinquième set. Lorenzo Musetti sert, Novak Djokovic retourne et, en se replaçant, glisse sur la terre battue. Chute! Etendu de tout son long sur le court, le Serbe trouve l’énergie de renvoyer la balle (un coup droit profond et flottant qui lui donne le temps de se relever). Il reprend l’échange et finit par pousser Musetti à la faute. Pour battre Djokovic, ou Nadal, à Roland-Garros, il ne suffit pas de leur faire mettre un genou à terre. Il faut insister, ne jamais faiblir, garder la même intensité, la même férocité, jusqu’à la balle de match.