«C'est un sérieux soulagement, même s'il n'est pas absolu.» Au téléphone, la voix de Dominique Wavre est celle d'un homme heureux. Heureux d'avoir enfin décroché un partenariat lui garantissant de pouvoir participer aux épreuves 2004: «The Transat» (anciennement Transat anglaise), course en solitaire entre Plymouth (GB) et Boston (USA), au mois de mai prochain, et le Vendée Globe, tour du monde en solitaire sans escale, dont le départ sera donné le 7 novembre au Sables d'Olonne. Faute de sponsor, le Genevois redoutait de devoir renoncer à une deuxième participation à cette course mythique, dont il avait décroché la cinquième place en 2001.

La bonne nouvelle est tombée hier: la société Téménos, leader mondial en matière de systèmes bancaires intégrés, déjà partenaire de Dominique Wavre lors de la précédente édition du Vendée Globe et lors de la Route du Rhum 2002, a décidé de renouveler l'aventure pour la troisième fois. «C'est avec joie que nous reprenons cette coopération, qui conforte les relations de confiance et d'amitié qui nous lient avec Téménos», souligne le skipper genevois, qui devra néanmoins poursuivre la fastidieuse chasse aux sponsors.

Car ce partenariat ne couvre que 50% du budget. Même si cela lui permet d'assurer une participation aux deux courses de la saison 2004, le navigateur genevois espère dégoter encore un ou plusieurs sponsors pour combler l'autre moitié. Il ne souhaite toutefois pas révéler le montant de son budget: «Tout ce que je peux dire, c'est que je cherche encore plusieurs centaines de milliers de francs.»

Ancré à La Rochelle

En attendant de trouver les sous manquants, Dominique Wavre, dont le port d'attache est désormais La Rochelle, a pu entreprendre les travaux qu'il avait planifiés dans le but de rendre son bateau plus performant. Là encore, il préfère ne pas révéler les détails des modifications apportées à son monocoque de 60 pieds. «Ce sont des transformations importantes, se contente-t-il de préciser. Nous avions étudié cela avec les architectes pendant l'hiver, mais ne pouvions pas démarrer les travaux, faute de moyens.»

Le départ de The Transat sera donné le 31 mai prochain à Plymouth (GB). Avant cela, Dominique Wavre doit encore se qualifier en parcourant les 1000 milles exigés par les organisateurs de cette course transatlantique en solitaire. Inutile de dire que le Genevois va devoir livrer une course contre la montre. «Nous sommes carrément à la bourre. Le bateau va sortir de chantier dans une semaine. Ensuite, nous en aurons encore pour une semaine de travail sur la carène. Ce qui veut dire que je vais devoir faire ma qualification en même temps que la mise au point du bateau et le convoyage en Angleterre.» Mais mieux vaut une activité débordante que de rester à quai! C'est ce que craignait Dominique Wavre, qui n'aurait pas pu se permettre de disputer une autre épreuve avec une coque vierge, comme il l'avait fait pour la Transat Jacques Vabre en novembre dernier.