Il fut une fois de plus question d’ordre de départ à l’issue de la descente masculine disputée sur une piste radoucie et donc favorable aux petits dossards. Avant le début des Mondiaux, Bode Miller avouait avoir volontairement zappé des courses en amont de l’événement afin de bénéficier d’un dossard plus petit. Ce fut le cas en super-G. En descente, en revanche, il n’était pas assez «mauvais».

L’Américain, comme de nombreux coureurs, regrette l’époque où les quinze premiers du classement WCSL (liste de départ de la Coupe du monde, à cheval sur deux saisons) choisissaient leur numéro de dossard parmi les trente. Les meilleurs pouvaient ainsi décider de partir devant sur de la neige tendre qui marque, ou derrière si la piste s’accélérait. «Ce système remonte à un bout de temps. Ce sera difficile d’y revenir», déplore Didier Cuche. «Si ce n’est pas possible de trouver un système idéal pour la Coupe du monde, il faut trouver une solution pour les Mondiaux et les Jeux olympiques. Laisser les meilleurs choisir constituerait une motivation pendant la saison. Je ne trouve pas normal de se battre tout l’hiver pour être devant et de se voir ensuite pénalisé sur un grand rendez-vous.»

Le système d’attribution n’a cessé de changer au cours des dernières années. Il y a eu celui où on prenait les trente premiers du classement dans l’ordre inverse. Celui où le résultat du dernier entraînement de descente déterminait l’ordre de départ. Actuellement, les sept premiers du classement WCSL sont condamnés à partir entre la 16e et la 22e place – un tirage au sort détermine leur numéro. Les huit suivants tirent les dossards ente 8 et 15. Et enfin les quinze suivants entre 1 et 7 ou 22 et 30. Un système souvent pénalisant pour les meilleurs. La faute du marketing et de la télévision. Pour garder le téléspectateur le plus longtemps possible devant l’écran, pauses publicitaires incluses, la Fédération internationale de ski (FIS) cherche à faire durer le suspense.