«La gymnastique se doit d'évoluer avec son temps». C'est l'enseignement que l'on peut tirer de la présentation qui a eu lieu mardi à Lausanne du «Duel», septième étape de la Coupe du monde de gymnastique. Cette épreuve réunira du 17 au 19 mars prochain les meilleurs gymnastes de la planète à la salle du Pierrier de Clarens/Montreux (VD). Son organisation est assurée par la société de gymnastique de Montreux. Les participations d'Elena Vitrichenko et d'Alina Kabaeva, respectivement double et triple championnes du monde, sont déjà assurées.

Pour l'occasion, les responsables ont mis au point une formule qui diffère passablement du traditionnel concours complet. Cette évolution est le fruit d'une longue réflexion qui a démarré en 1997 suite aux échos mitigés qui avaient suivi le Mémorial Arthur Gander qui se déroulait à l'époque à Montreux. Ce nouveau concept de «Duel» s'inspire de la formule du tournoi, les gymnastes s'affrontant lors de confrontations directes. Dans un premier temps, des qualifications départageront les candidats pour chaque engin. Les huit premiers s'affronteront ensuite sous la forme de duels, des quarts de finale jusqu'à la finale. Initialement, les organisateurs avaient eu l'idée de faire disputer les duels simultanément par les deux gymnastes en compétition. Cette proposition a toutefois été repoussée par la Fédération internationale de gymnastique (FIG): les adversaires se succéderont.

Selon les organisateurs, cette formule a pour principal objectif de permettre aux spectateurs de mieux pouvoir comparer les prestations des gymnastes. Elle permet également à tous les gymnastes classés dans les huit premiers lors des éliminatoires de prétendre à la victoire finale.

Pour Philippe Silacci, porte-parole de la FIG, «la formule du «Duel» s'inscrit dans la volonté de moderniser l'image de la gymnastique. La première étape de cette évolution s'est déroulée à Atlanta, lors du congrès de la FIG en 1996. Celui-ci a abouti à plusieurs mesures, notamment la suppression des exercices imposés. Le nouveau règlement a été appliqué pour la première fois en 1997 aux championnats du monde de Lausanne. Il visait avant tout à rendre la gymnastique plus attractive, en raccourcissant la durée des concours. Pour Philippe Silacci, «les dirigeants de la gymnastique mondiale se devaient de réagir pour éviter la mort de leur sport. Avec l'évolution de la société, la gymnastique ne peut plus se limiter à rester un sport éducatif s'inscrivant dans la tradition».