Tennis

Duels franco-suisses à Roland-Garros

A Roland-Garros, Timea Bacsinszky a brillamment passé l'obstacle Venus Williams (5-7 6-2 6-1). Elle retrouvera la Française Kristina Mladenovic en quart de finale mardi. Stan Wawrinka, lui, jouera lundi contre Gaël Monfils

Timea Bacsinszky aime Paris, qui le lui rend bien. Dimanche, sur un Central de Roland-Garros conquis par sa fraîcheur et son jeu tout en variations, la Vaudoise s'est qualifiée pour les quarts de finale de Roland-Garros en dominant Venus Williams (5-7 6-2 6-1). Pour la troisième année consécutive, la voici donc en deuxième semaine. Pour faire aussi bien qu'en 2015 (demi-finale contre Serena Williams), elle devra éliminer mardi la Française Kristina Mladenovic.

Les deux joueuses s'étaient affrontées en février dernier à Genève en Fed Cup. Bacsinszky avait remporté ses deux simples après avoir été... piquée par une guêpe contre Alizé Cornet et s'être donnée une entorse à la cheville contre Mladenovic. En conférence de presse, «Kiki» avait clairement accusée la Suissesse d'avoir usé de tous les moyens possibles pour l'emporter. «Ce ne sont pas mes valeurs», avait-elle conclu, hautaine. La Française, très performante depuis deux mois, partira légèrement favorite. Ses qualités de battante et le soutien du public (même si cela peut s'avérer à double tranchant) lui donnent un léger avantage. Mais Timea Bacsinszky ne manque pas d'atout. A commencer par son intelligence de jeu, qui lui permet de toujours s'adapter.

Des choix «catastrophiques»

Contre Venus Williams, la Suissesse a surmonté un énorme «trou d'air» dont beaucoup ne se seraient pas remises. Alors qu'elle menait 5-1 dans la première manche, elle concéda six jeux de suite, et le gain du set (7-5). «Je me suis mise à faire des choix catastrophiques, reconnut Timea Bacsinszky. Avant le début de la deuxième manche, je suis allée me passer de l'eau froide sur le figure, je n'avais pas envie de finir comme ça!»

La douche froide lui fut salutaire puisqu'elle domina alors largement sa rivale. Plus entreprenante, très agressive, elle dicta constamment l'échange. Ses choix tactiques étaient validés par une grande justesse technique, alors que l'Américaine multipliait les fautes directes (45). La fin de match se déroula comme dans un rêve avec des amorties diaboliques et le public qui scanda plusieurs fois son prénom. «C'est le plus beau court du monde!», lança-t-elle, aux anges et très émue, au micro de France Télévision. Espérons qu'elle garde le même sentiment après son quart de finale contre Mladenovic. Dimanche, le public parisien, pas toujours fair-play, a contribué à faire craquer l'Espagnole Garbiñe Muguruza, la tenante du titre sortie par la nouvelle Kiki de Paris (6-1 3-6 6-3).

Monfils par abandon

Dans le tableau masculin, Stan Wawrinka connaît enfin son adversaire des huitièmes de finale. Ce sera Gaël Monfils, sorti vainqueur par abandon (à 7-6 5-7 4-3) de son match contre Richard Gasquet. Entamé samedi, ce match à rallonge et pourtant inachevé a privé Monfils d'une journée de repos avant de défier son pote Wawrinka. «Il est que c'est très important d'avoir un jour de récupération dans un Grand Chelem et je ne l'ai pas eu, regrettait dimanche soir le Guadeloupéen. Là, je suis vraiment fatigué, mais ce n'est pas une bonne fatigue. Je suis tendu, très crispé.»

Réputé pour ses énormes qualités athlétiques mais ses défaillances tactiques, Gaël Monfils ne se donne pas favori dans ce rendez-vous entre copains. «Stan est plus fort que moi. Il a gagné trois Grands Chelems. Si on faisait de l'athlétisme, je serais peut-être devant. Mais sur un court, il est plus fort.»

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