Deux outsiders aux dents longues, un invité surprise et un favori, tel est le carré d'as des championnats du monde d'échecs, qui sont entrés dans leur seconde phase au Caesars Palace de Las Vegas. Des cent joueurs sur la ligne de départ voici deux semaines, ils ne sont plus que quatre à pouvoir viser le 14e titre de champion du monde de l'histoire de la Fédération internationale des échecs, titre détenu par Anatoly Karpov, sacré à Lausanne en 1998: le Britannique Michael Adams, l'Arménien Vladimir Akopian, le Russe Alexander Khalifman et le Roumain Liviu-Dieter Nisipeanu, véritable sensation du tournoi.

Dans cette épreuve, qui se déroule pour la seconde fois par élimination directe, les derniers jours ont été fatals à quasiment toutes les grosses pointures. Une sorte de jeu de massacre dans les salons du prestigieux palace. Vladimir Kramnik (No 3 mondial), Alexeï Shirov (No 5), Boris Gelfand (No 6) et Vassily Ivanchuk (No 8) ont tour à tour été éliminés, offrant une voie royale à Michael Adams (27 ans, No 7 mondial), dont le style tranchant et offensif ravit tous les puristes.

Sa grande forme n'a pas évité à Michael Adams la défaite dans sa première partie de la demi-finale, qui se dispute au meilleur des quatre manches, face à l'Arménien Vladimir Akopian (ancien champion du monde des moins de 16, 18 et 20 ans). Dans l'autre duel, le Russe Alexander Khalifman, une valeur sûre des échecs, doit en découdre avec un jeune Roumain inconnu ou presque il y a peu, même dans le milieu. Liviu-Dieter Nisipeanu a frappé très fort dans le Nevada en sortant Shirov et Ivanchuk.

Quatre nationalités différentes sont encore en lice. En cas de succès, Michael Adams deviendrait le premier champion du monde occidental depuis 1972 et le succès de l'Américain Bobby Fischer. Depuis vingt-sept ans, le titre est la chasse gardée du seul empire soviétique, puis russe, incarné principalement par Kasparov et Karpov.